Royaume-Uni. Des ponts aériens envisagés pour faciliter la venue des voyageurs

Un avion de la compagnie britannique Flybe, sur le tarmac de Rennes, le 25 avril 2019. 
Alors que le gouvernement britannique souhaite imposer une période de quarantaine, estimée à
quatorze jours, pour les voyageurs arrivant au Royaume-Uni, il réfléchirait parallèlement à introduire des ponts aériens avec certains pays à faibles risques. Cette mesure faciliterait la venue des touristes cet été, et serait mise en place à la fin du mois.
Le gouvernement britannique réfléchit à introduire des ponts aériens avec certains pays ce qui éviterait aux voyageurs entrant au Royaume-Uni d’observer une quarantaine, redoutée par les professionnels du tourisme, rapportent des journaux mardi.
Deuxième pays le plus endeuillé par le nouveau coronavirus, le Royaume-Uni opère très progressivement un assouplissement du confinement introduit fin mars, une étape délicate et jugée prématurée par certains scientifiques. Pour empêcher une recrudescence des cas, Londres a annoncé la mise en place d’une quarantaine pour les arrivées internationales.
À partir de lundi, les voyageurs arrivant au Royaume-Uni par air, terre ou mer devront rester isolés quatorze jours, un projet désapprouvé par les professionnels de l’aviation et du tourisme qui avertissent de conséquences potentiellement catastrophiques pour leurs secteurs.
Mais plusieurs assouplissements à cette mesure sont envisagés, rapportent le Times, le Telegraph et le Guardian.

Une autorisation pour la fin du mois

Le gouvernement, qui a indiqué qu’il réévaluerait cette mesure toutes les trois semaines, envisage d’autoriser des ponts aériens dès la fin du mois, à l’approche des vacances d’été, indique le Times.
Les pays avec lesquels le Royaume-Uni pourrait nouer des ponts aériens seront sélectionnés en fonction de leur importance économique pour le Royaume-Uni, du niveau de risque de transmission du virus, du nombre de passagers concernés, et des mesures en place dans les aéroports, rapporte le quotidien.
Les voyageurs arrivant de Grèce, Australie et Portugal pourraient éviter la quarantaine, selon le Daily Telegraph. Le quotidien conservateur rapporte que le Premier ministre Boris Johnson est  personnellement favorable  à des ponts aériens après les critiques dans les rangs conservateurs et les cris d’alarme de plus de 200 patrons de l’aviation et du tourisme comme ceux de Ryanair ou d’IAG, maison mère de British Airways.
Les propriétaires et directeurs généraux des entreprises de voyages et d’hôtellerie pensent licencier jusqu’à 60 % de leur personnel si des mesures de quarantaine sont introduites par le gouvernement lundi, indique une étude menée par le cabinet Survey Monkey entre le 31 mai et le 1er juin auprès de 124 responsables d’entreprises et publiée mardi.
 En poursuivant ses projets de quarantaine sans tenir compte des conséquences économiques, le gouvernement choisit d’ignorer les dégâts qu’il causera aux entreprises, à l’emploi et à la vie de tous ceux dont l’emploi sera perdu , a déclaré George Morgan-Grenville, PDG du voyagiste Red Savannah, fer de lance de la campagne anti-quarantaine.

Une amende de 1000 livres

Les voyageurs soumis à la quarantaine pourront tout de même sortir acheter de la nourriture ou des médicaments, emprunter les transports publics et changer de lieu d’hébergement si nécessaire, indique le Guardian.
S’ils n’ont nulle part ou observer la quarantaine, le gouvernement les aidera à trouver une solution à leurs propres frais.
Les contrevenants s’exposent à une amende de 1 000 livres (environ 1 117 €).
Des contrôles aléatoires seront mis en œuvre et l’expulsion des étrangers pourra être envisagée « en dernier ressort » en cas de non-respect des règles, selon le gouvernement. Les non-résidents pourront se voir refuser l’entrée dans le pays s’ils ne s’y soumettent pas.
Des exceptions sont toutefois prévues pour les transporteurs routiers et des personnels médicaux, ainsi que pour l’Irlande, mais pas pour les voyageurs arrivant de France, comme Londres et Paris l’avaient récemment laissé entendre.

Un vote prévu la semaine prochaine

Le projet doit être présenté mardi aux députés qui retournent au parlement après une pause.
Le gouvernement leur a demandé de revenir à Westminster, souhaitant mettre fin au système hybride en place jusqu’à présent, avec une partie des députés présents physiquement et une autre suivant les débats par vidéo conférence. Ce revirement a suscité les critiques des parlementaires, inquiets pour les plus fragiles d’entre eux.
Les députés de la Chambre des communes, où Boris Johnson dispose d’une vaste majorité, voteront mardi sur une motion gouvernementale mettant fin à la possibilité de voter à distance.
Par  Ouest-France avec AFP.