Budgets militaires : des hauts (australiens) et des bas (britanniques)

Des marins de la frégate HMAS Arunta. 
En temps de disette budgétaire, tous les pays ne choisissent pas de pratiquer des coupes claires dans
les mêmes domaines. Le Royaume-Uni pourrait bien revoir à la baisse son budget de la Défense.
Le quotidien britannique Sunday Times a lâché une bombe ce week-end. Il a affirmé que la Royal Air Force pourrait bien fermer des bases et remiser ses hélicoptères, que l’armée de Terre britannique va perdre près de 20 000 hommes (pour ne plus disposer que de 55 000 soldats) et que l’existence des 6 830 fameux Royal Marines est menacée.

Pas de confirmation, pas de démenti

Le 10-Downing Street a vite réfuté certaines informations. Mais sans infirmer une possible baisse de 5 % du budget de la Défense et sans contredire le Sunday Times qui affirme que les efforts allaient désormais porter sur le cyber, l’espace et l’intelligence artificielle.
La rigueur budgétaire que le Trésor veut imposer à son MoD (le ministère de la Défense) tranche sur la détermination australienne. Alors que la crise économique affecte les finances publiques, l’ex-colonie britannique s’engage dans un renforcement de ses moyens militaires.

Pour l’Australie, l’effort ne peut être réduit

L’actualisation du Livre blanc de 2016, qui prévoyait déjà une augmentation des dépenses militaires de 40 %, en témoigne. Sur dix ans (2021-2031), 575 milliards de $ australiens seront consacrés à la défense et 270 milliards seront investis dans le domaine militaire. Les hausses annuelles du budget militaire oscilleront entre 4,2 % et 9,2 %.
Le gouvernement australien estime que la pandémie, même si elle s’accompagne d’un stress budgétaire, va conduire vers un durcissement de la situation stratégique et que l’effort militaire ne peut être réduit.
 Même si, chez nous, nous sommes venus à bout de l’épidémie de coronavirus, nous devons nous préparer au monde de l’après Covid-19 qui sera plus pauvre, plus dangereux et plus désordonné, a prévenu le Premier ministre Scott Morrison. Nous devons comprendre que nous sommes entrés dans une nouvelle ère stratégique moins clémente .
Philippe CHAPLEAU
Par  Ouest-France