Coronavirus : selon le Conseil scientifique, 30 millions de personnes seront prioritaires pour un vaccin en France, à commencer par les professionnels de santé

 
D'autres professions exposées sont concernées, ainsi que les personnes âgées et vulnérables.

Il faut se préparer. La possibilité qu'un vaccin contre le nouveau coronaviruspuisse être disponible et administré à des millions de gens, en priorité les professionnels de santé, doit être anticipée dès maintenant, indiquent les membres du Conseil scientifique, du Comité vaccin Covid-19 et du Comité recherche, analyse et expertise (Care), dans un avis publié vendredi 24 juillet.
De nombreux essais sont en cours et bien que l'utilisation d'un vaccin soit soumise aux "incertitudes et inconnues scientifiques (efficacité, disponibilité à moyen ou long terme, type de vaccins...), il est dès à présent crucial d'élaborer une stratégie vaccinale nationale" pour l'intégrer efficacement dans la lutte contre l'épidémie, dès qu'il sera disponible, selon cet avis.
"Le ciblage des populations prioritaires est crucial"
"Le ciblage des populations prioritaires est crucial", selon ce document. Parmi les populations prioritaires en France (Hexagone et Outremer), se trouvent environ 6,8 millions de personnes à risque d'exposition professionnelle avec une "priorité très élevée" pour environ 1,8 million d'entre elles, essentiellement des professionnels de santé.
Dans ce groupe, figurent autour de 5 millions de personnes à "priorité élevée" exposés par leur emploi au contact de la population (commerçants, aides à domicile, enseignants, chauffeurs de bus) ou travaillant en milieux confinés à risque (abattoirs, taxis/VTC, croisières..) ou ayant un hébergement confiné à risque (travailleurs migrants, site de construction...).
Les personnes à risque du fait de leur âge ou de leur état de santé, soit environ 23 millions de personnes en France et celles en grande précarité (environ 250 000 personnes) constituent l'autre groupe des populations prioritaires en premier lieu.
Le gouvernement français négocie (en partenariat avec ses homologues européens) des contrats de réservation de vaccins dont on ne connaît pas encore les caractéristiques (efficacité contre l'infection, la transmission, nombre d'injections, avec ou sans rappel...).

Le Conseil rejette l'idée "d'une vaccination obligatoire"

"Mais on s'attend à avoir plusieurs dizaines de millions de doses de vaccins (potentiellement correspondant à 2 à 5 produits différents) disponibles entre le dernier trimestre de l'année 2020 et le premier trimestre de 2021, qui pourraient être déployées s'il survient une seconde vague de Covid-19", écrivent les scientifiques.
Les experts jugent "impératif de se donner le temps nécessaire à une évaluation rigoureuse" de l'efficacité et de la sécurité des candidats vaccins "avant leur utilisation à grande échelle". Le gouvernement, selon la nature du ou des vaccins disponibles, devra déterminer "qui vacciner et comment", souligne l'avis qui préconise d'associer les citoyens à cette démarche de préparation, afin de ne pas renouveler l'échec de la vaccination anti-grippale de 2009. Le Conseil rejette l'idée d'"une vaccination obligatoire", préconisant une vaccination "organisée".
Par Franceinfo