Des étudiants chinois victimes de faux enlèvements en Australie

La police australienne s’inquiète de ces méthodes criminelles qui visent à soutirer de l’argent aux étudiants chinois. 
Les étudiants chinois en sont la cible : 1 700 d’entre eux ont été contraints d’organiser leur propre
enlèvement en 2018.
Le 14 juillet, la police australienne reçoit un appel d’une jeune femme expliquant que sa colocataire, d’origine chinoise, a disparu. Les dernières nouvelles l’inquiètent : elle a reçu une vidéo des parents de son amie, restés en Chine ; on y voit la disparue, âgée de 21 ans, pieds et poings liés, recroquevillée, appelant à l’aide.
Dans la soirée, les policiers retrouvent la jeune femme dans l’hôtel du quartier de Pyrmont, à Sydney, saine et sauve. Les parents, paniqués, avaient accepté de faire un virement de 61 120 € sur un compte offshore pour revoir leur fille vivante.

Enlèvements mis en scène

Sauf qu’il n’y avait pas de ravisseur mais un maître chanteur. Comme des milliers d’étudiants chinois en Australie, la jeune fille de 21 ans a mis en scène son propre enlèvement après des menaces qu’elle a reçues par téléphone.
Le scénario est toujours le même. La personne au bout du fil parle mandarin et se présente comme faisant partie des autorités chinoises : de l’ambassade, du consulat ou de la police. Elle raconte à l’étudiant qu’il est accusé de crime dans son pays.

Pour éviter l’extradition, il doit payer une certaine somme, couper tout contact avec sa famille, s’isoler dans un hôtel et se prendre en photo ou vidéo en faisant croire à son propre enlèvement pour extorquer des fonds à sa famille.
165 000 étudiants chinois sont installés en Australie. Loin de leur pays, ils constituent une cible privilégiée, selon la police . L’an passé, 1 172 faux enlèvements auraient ainsi été perpétrés. Les parents escroqués auraient accepté de verser de 1,2 million de d’euros au total.
Par  Ouest-France Manon BERNARD.