Face à la flambée du coronavirus, Trump ressuscite ses conférences de presse

Donald Trump à la Maison Blanche le 20 juillet 2020 
Donald Trump va reprendre dès mardi ses conférences de presse régulières sur l'épidémie de
coronavirus, qu'il tenait quasi-quotidiennement au mois d'avril lorsque le nombre de morts était au plus haut aux États-Unis, signe que la situation ne fait qu'empirer dans le pays.
"Je les faisais et nous avions beaucoup de personnes qui regardaient, des audiences record dans l'histoire de la télévision câblée, et c'était incomparable", a-t-il déclaré lundi depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, en ajoutant qu'il s'agissait d'un "très bon moyen d'informer les gens".
"Je le ferai à 17h00 comme nous le faisions, nous avions un bon créneau", a ajouté le milliardaire new-yorkais, ancienne star de la télé réalité.
Lancées au courant du mois de mars, pour permettre à la cellule de crise de la Maison Blanche de communiquer quotidiennement sur l'évolution de l'épidémie, ces conférences de presse, longues et souvent confuses, avaient valu au président américain des commentaires parfois moqueurs, comme lorsqu'il avait évoqué la possibilité d'injecter du désinfectant dans le corps humain pour lutter contre le coronavirus.
Le président américain Donald Trump s'exprime depuis la salle de presse de la Maison Blanche le 20 avril 2020 © MANDEL NGAN Le président américain Donald Trump s'exprime depuis la salle de presse de la Maison Blanche le 20 avril 2020
"A quoi sert de participer à des conférences de presse à la Maison Blanche quand les médias malhonnêtes ne font que poser des questions hostiles et refusent de relater la vérité ou les faits de manière exacte", s'était-il énervé.
Plus largement, le président s'est vu reprocher de récupérer à son profit ces points presse réguliers, en détournant leur objectif informatif pour en faire une tribune personnelle, à quelques mois de l'élection présidentielle du 3 novembre.
Surtout que son adversaire, le démocrate Joe Biden, était à l'époque quasiment réduit au silence dans son domicile, où il était confiné. Mais depuis, l'ancien vice-président de Barack Obama s'est timidement déconfiné et, même s'il limite ses déplacements et ses prises de parole, il ne cesse de creuser son avance sur le président républicain dans les sondages.
- "Beaucoup de succès" -
Le retour de ces briefings, dont les tonalités optimistes tranchaient en mars et avril avec la gravité de la situation aux États-Unis, va permettre à M. Trump d'apporter aux Américains des bonnes nouvelles concernant le développement d'un vaccin et d'un traitement contre le COVID-19, a-t-il promis.
"Je pense que je vais amener plusieurs des grandes entreprises qui travaillent avec beaucoup de succès", a-t-il expliqué, citant notamment le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson.
Outre Donald Trump, le vice-président Mike Pence, responsable de la cellule de crise et les docteurs Deborah Birx et Anthony Fauci, accusé par le président d'être trop alarmiste, intervenaient régulièrement devant la presse.
Le docteur Fauci avait ainsi plusieurs fois eu la lourde tâche de corriger les informations trompeuses du président, devant lui, tout en ménageant sa susceptibilité et en encaissant les critiques du milliardaire à son égard. 
Début juin, quand la courbe des contagions est remontée dans le pays, il s'est notamment inquiété publiquement que les États-Unis faisaient fausse route, alors que la Maison Blanche vantait les succès du déconfinement qui s'orchestrait à travers le pays.  
Le nombre de contaminations quotidiennes enregistrées est actuellement au plus haut, ce que le président Trump attribue régulièrement à la facilité d'accès aux tests.
Par AFP