La Somalie célèbre les 60 ans d'une indépendance marquée par la division

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Il y a 60 ans, la République de Somalie était proclamée. Le 26 juin 1960, l'ancien protectorat
britannique du Somaliland obtenait son indépendance. Cinq jours plus tard, le 1er juillet, c'est au tour de la Somalie italienne. Et dans la foulée, ce 1er juillet 1960, les deux pays fusionnent. Mais, l'ambition d'une grande Somalie unie va rapidement tourner court.
Le 1er juillet 1960, l'union des deux jeunes Etats du Somaliland au nord et de la Somalie au sud est proclamée dans la liesse. La République de Somalie est née.
A peine les indépendances proclamées, le mouvement pan-somalien semble ainsi commencer à se concrétiser : l'idée était ensuite de réunir Djibouti, la région de l'Ogaden en Ethiopie ainsi que le nord-est du Kenya, dont les populations sont majoritairement somalies.
Mais assez vite, l'union entre l'ex-protectorat britannique du Somaliland et l'ex-Somalie italienne montre ses limites. Au centre des désaccords, des divergences sur l'organisation politique, administrative ou juridique. Les différences de cultures issues des deux colonisateurs aussi. Et alors que le pouvoir se déplace à Mogadiscio, capitale du sud, les Somalilandais se sentent marginalisés.
Avec les années, la corruption, les guerres claniques, la rébellion jihadiste et l'effondrement de l'Etat plongent la Somalie dans le chaos et la violence. En revanche, au nord, le Somaliland, bien qu'extrêmement pauvre, connaît la paix et une relative stabilité.
En 1991, le Somaliland proclame son indépendance mais n'est pas reconnu par la communauté internationale. Aujourd'hui, nord et sud ont toujours des relations antagonistes. Soixante ans après l'indépendance, le grand projet d'union nationale est au point mort.
Anniversaire amer pour les réfugiés
Et cette histoire tumultueuse a poussé au cours des années des millions d’habitants de Somalie à quitter leur pays. Beaucoup se sont réfugiés au Kenya voisin. C’est donc un anniversaire au goût amer que célèbrent les Somaliens du Kenya, souligne notre correspondante à Nairobi, Charlotte Simonart.
Hussein Halane, écrivain et poète, est arrivé à Nairobi en 2015. « D’un côté, c’est un jour qu’il faut célébrer pour l’indépendance de notre pays, mais d’un autre côté, la situation dans laquelle la Somalie se trouve aujourd’hui me rend triste : un pays détruit, divisé et qui peine à se relever de la guerre civile des années 90. Le gouvernement fédéral et les Etats membres ont du mal à reconstruire la nation. Cela va venir mais cela prendra beaucoup de temps. »
Hassan Ganhug, 28 ans, compte bien célébrer les 60 ans de son pays, la Somalie, même s’il l’a quitté il y a 15 ans pour étudier au Kenya. « C’est un jour très important que nous ne pouvons pas oublier. La jeunesse doit changer la manière dont le peuple somalien pense. Cesser les logiques claniques, individuelles et penser collectivement, joindre nos mains et travailler ensemble pour l’intérêt commun. Nous gardons espoir. La reconstruction de l’état et de la nation est déjà en marche. »
Une jeunesse pleine d’espoir alors que la Somalie se prépare aux prochaines élections parlementaires qui s’annoncent historiques. Un scrutin au suffrage universel pour la première fois depuis 50 ans.
Depuis plusieurs années, la communauté internationale – qui est plutôt représentée par les Etats-Unis et des pays européens – poussent à ce que les deux pays se rencontrent au moins, (...) donc il y a eu des rapprochements mais ça reste très peu productif….
Robert Wiren

Par RFI