Le réfugié Amadou Diallo admis à Sciences Po mais bloqué en Grèce

Amadou Diallo, un jeune migrant de 20 ans a été accepté au prestigieux Institut d'Etudes politiques
de Paris. Pour parvenir à faire sa rentrée mi-septembre, il doit obtenir le statut de réfugié en Grèce.
Depuis novembre 2019, le pays a durci les conditions d'accès à l'asile. Les délais de la justice grecque, déjà particulièrement lents, se sont accentués avec l'épidémie de Covid-19. Le dossier d'Amadou Diallo a été étudié le 8 juillet par la Cour d'appel d'Athènes, qui pourrait rendre son verdict d'ici plusieurs mois, mettant en péril le projet d'étude du jeune homme.

UN PARCOURS D'EXCEPTION

«Je suis bloqué ici, en Grèce, à la porte de mes rêves», raconte le jeune homme originaire de Guinée au journal Le Monde. Arrivé en octobre 2016 sur l'île de Lesbos, le jeune homme a fui son pays où sa communauté Peule est persécutée. Orphelin après la mort précoce de ses parents, il est parvenu à rejoindre le Mali, puis la Turquie avant d'arriver en Grèce. «Arrivé à Lesbos, le cauchemar n’était pas fini» confie-t-il. Suite à l'accord migratoire entre l'Union Européenne et la Turquie, l'adolescent se retrouve dans un camp migratoire, dans de mauvaises conditions de vie. Il parvient à s'échapper pour Athènes, où il se retrouve sans domicile fixe. Il rencontre alors des militants de l'ONG Home project, qui lui permettent de se reconstruire. Il trouve un logement et suit des cours à l'école publique multiculturelle d'Athènes, adaptée aux mineurs migrants.
Grace à un travail saisonnier et le soutien de l'ONG, il intègre en première le lycée franco-hellénique Eugène Delacroix. Délégué de classe, il se fait remarquer avec son goût pour le débat, et rêve de «travailler dans de grandes organisations internationales pour développer le continent africain». Au mois d'octobre 2019, sa professeure d'histoire lui conseille de  postuler à Sciences Po Paris. Il est finalement reçu après un entretien par visioconférence.
L'école indique avoir «plaidé en faveur d’Amadou auprès de l’ambassadeur de France en Grèce qui suit de près cette situation inédite».
Par CNEWS