Ouïgours : la Chine sanctionne à son tour des responsables américains

Chen Quanguo, principal responsable du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang, est considéré comme l’architecte de la politique sécuritaire de Pékin dans la région depuis août 2016. Il a été privé de visa par les Etats-Unis.
Washington avait annoncé jeudi refuser des visas à trois hauts responsables chinois accusés d’avoir
orchestré la répression contre des musulmans ouïgours dans le Xinjiang.
La Chine a pris, lundi 13 juillet, des mesures de rétorsion contre trois parlementaires américains et un haut responsable du département d’Etat en réponse aux sanctions de Washington concernant le Xinjiang. Les Etats-Unis avaient annoncé jeudi 9 qu’ils refuseraient des visas à trois hauts responsables chinois accusés d’avoir orchestré la répression contre des musulmans ouïgours dans cette vaste région du Nord-Ouest chinois.
En réaction, Pékin a donc décidé de sanctionner trois parlementaires républicains parmi les plus critiques du régime chinois : les sénateurs Marco Rubio et Ted Cruz, ancien candidat aux primaires présidentielles, et le représentant Chris Smith. Le responsable du département d’Etat chargé de la liberté religieuse, Sam Brownback, qui a le titre d’ambassadeur, est également sanctionné.

« Mesures de réciprocité »

La porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Hua Chunying, n’a pas spécifié explicitement en quoi consistaient ces sanctions. Le ministère des affaires étrangères avait toutefois évoqué la semaine dernière des « mesures de réciprocité », laissant entendre que Pékin refuserait désormais toute demande de visa émanant des quatre responsables américains cités.
« Nous appelons les Etats-Unis à retirer immédiatement leur mauvaise décision et à cesser toute parole et action qui constituent une ingérence dans les affaires de la Chine et nuit aux intérêts chinois », a déclaré Hua Chunying.
Washington et des experts et des organisations de défense des droits de l’homme accusent Pékin d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïgoure, dans des camps du Xinjiang au nom de la lutte antiterroriste.

La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l’extrémisme.
Par Le Monde avec Reuters