Visite historique d’un secrétaire américain à Taïwan

La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen salue Alex Azar, le responsable américain de plus haut niveau à se rendre à Taïwan depuis 1979, le 10 août 2020, à Taipei.
Le secrétaire américain à la santé, Alex Azar, a transmis à la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen le
« fort soutien » des Etats-Unis et félicité l’île pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19, lundi 10 août. Alex Azar est le responsable américain de plus haut niveau à se rendre à Taïwan depuis 1979, lorsque les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec le gouvernement de Taipei pour reconnaître celui de Pékin comme seul représentant de la Chine. La Chine, qui considère Taïwan comme une province rebelle, a vertement critiqué l’initiative américaine.

Lorsqu’ils reconnaissent la Chine communiste aux dépens de Taiwan, les Etats-Unis s’engagent auprès de Pékin à respecter un certain nombre de précautions protocolaires – la représentation des Etats-Unis à Taipei est un « institut américain » et non une ambassade - Mais l’administration Trump, qui multiplie les attaques contre la Chine, renforce son soutien à Taïwan. En amont de la visite, le gouvernement chinois avait déclaré que la venue de M. Azar représentait une menace pour « la paix et la stabilité ». Si le rapprochement avec les Etats-Unis contribue à améliorer la stature de Taïwan à l’international, il renforce aussi le risque pour l’île de se retrouver utilisée comme un pion dans le conflit sino-américain.

« Un message de fort soutien et d’amitié »

« C’est un véritable honneur d’être ici pour transmettre à Taïwan un message de fort soutien et d’amitié du président Trump », a déclaré Alex Azar à la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen. Avant d’ajouter un compliment qui résume le ton de la visite : « La réponse de Taïwan au Covid-19 a été l’une des plus efficaces au monde, et c’est un hommage à la nature ouverte, transparente et démocratique de la société et la culture taïwanaise », a dit M. Azar à Mme Tsai. Une critique à peine voilée de l’opacité du système communiste chinois, accusé d’avoir caché au monde l’ampleur réelle de la crise.

La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a remercié les Etats-Unis pour leur soutien à la demande d’admission de Taïwan en tant qu’observateur à l’Organisation mondiale de la santé, une question ajournée lors de la session annuelle de l’OMS à Genève en mai dernier du fait de la vive opposition de la Chine. « Des considérations politiques ne devraient jamais prendre le pas sur les droits à la santé », a déclaré lundi Mme Tsai, jugeant « hautement regrettable » le refus de Pékin de laisser Taïwan être admis à l’OMS.
Officiellement, la visite de M. Azar a pour but de renforcer la coopération économique et sanitaire entre les Etats-Unis et Taïwan. Grâce à une réaction rapide, au contrôle des entrées sur son territoire, et un suivi des contacts étroit, Taïwan est en effet parvenu à limiter le nombre d’infections à 480 pour 7 décès, pour une population de 23,8 millions d’habitants. A l’opposé, les Etats-Unis comptent plus de 5 millions de contaminations et 160 000 décès.