Coronavirus en Afrique : l’OMS encourage la recherche sur les médecines naturelles

Une scientifique de CapeBio Technologies travaille sur un kit de test pour les malades atteints du Covid-19 dans un laboratoire de Centurion, en Afrique du Sud, le 23 juin 2020. 
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré samedi 19 septembre qu’elle encourageait en Afrique la recherche sur les médecines naturelles face au Covid-19 et d’autres épidémies.

Des experts de l’OMS et deux autres organisations ont « approuvé un protocole pour des essais cliniques de phase 3 de phytothérapie pour le Covid-19 », a précisé l’OMS dans un communiqué daté de Brazzaville, son siège régional sur le continent.

« Les essais cliniques de phase 3 sont essentiels pour évaluer pleinement la sécurité et l’efficacité d’un nouveau produit médical », a rappelé l’OMS. « Si un produit de médecine traditionnelle s’avère sûr, efficace et de qualité assurée, l’OMS recommandera une fabrication locale à grande échelle et rapide », a précisé un responsable de l’OMS Afrique, le docteur Prosper Tumusiime, cité dans le communiqué.

« Respect des processus scientifiques »

Les deux partenaires de l’OMS sont le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies et la commission des affaires sociales de l’Union africaine. Ils sont regroupés au sein d’un comité d’experts régionaux sur les médecines traditionnelles pour le Covid-19. L’épidémie a relancé le débat sur les médecines traditionnelles en Afrique.

Madagascar a livré dans plusieurs pays africains des lots d’un breuvage à base d’artémisia, une plante à l’effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, présenté par son président Andry Rajoelina comme efficace contre le Covid-19.

« Nos gouvernements [africains] se sont engagés en 2000 (…) à traiter les remèdes traditionnels comme les autres médicaments en les soumettant à des essais », avait alors déclaré en mai la responsable régionale de l’OMS, le docteur Matshidiso Moeti. « Je recommande que ces résolutions (…) soient suivies, a-t-elle ajouté. Nous vivons des temps difficiles, je peux comprendre la nécessité de trouver des solutions, mais j’encourage le respect des processus scientifiques sur lesquels nos gouvernements se sont engagés ».

Par Le Monde avec AFP