"Gilets jaunes" : 154 interpellations à Paris, les commerçants des Champs-Elysées inquiets

Alors que les "gilets jaunes" manifestent ce samedi dans Paris, un dispositif policier important a été mis en oeuvre pour protéger les Champs-Elysées. De nombreux commerçants ont préféré baisser le rideau pour la journée et évoquent un "ras-le-bol généralisé". A 13 heures, la police dénombrait 154 interpellations. 
Une rentrée sous surveillance. Les "gilets jaunes" défilent ce samedi à Paris, pour tenter de donner un
second souffle au mouvement. Place de la Bourse, quelques 200 manifestants étaient déjà au rendez-vous dans la matinée tandis qu'un second cortège est prévu place Wagram, dans l'ouest de la capitale, à 13 heures. "Il ne peut pas y avoir, sur les Champs Elysées, de chaos" a déjà averti le préfet de police Didier Lallement. Par crainte, les commerçants de "la plus belle avenue du monde" ont déjà baissé le rideau.

Les commerces fermés sur les Champs-Elysées 

A la mi-journée, certaines étaient encore en train de visser des plaques de fer ou des planches de bois pour protéger leurs vitrines. Sur l'avenue, la quasi-totalité des boutiques sont fermées. Au cours des précédentes manifestations, des pillages et des destructions de vitrines avaient eu lieu, en marge des défilés. Les commerçants évoquent un ras-le-bol généralisé. 
Dans les rues aux alentours des Champs-Elysées, environ la moitié des commerces ont tenu à ouvrir leurs portes. "Aujourd'hui, on essaye de relancer notre activité malgré les 'gilets jaunes'", explique Charlie, qui gère un magasin de vêtement. "Il faut se battre parce qu'on a été tellement touché économiquement, le Covid a eu un gros impact pour nous qui sommes dans une rue très commerçante et dans un quartier très touristique."
Dans la matinée, quelques clients ont tout de même répondu présent. "Je n'avais aucune inquiétude à venir ce matin dans le quartier parce qu'il ne se passe jamais rien le matin, mais je ne serais pas venue en fin d'après-midi", confie Anne, venu avec son époux pour acheter un costume. "Je n'ose pas imaginer qu'il y ait autant d'irresponsables rassemblés mais on peut craindre le pire quand même." Les images de violences émaillant les précédentes mobilisations sont dans les mémoire de tous. 

154 interpellations à 13 heures 

Le bas de l'avenue est totalement bouclé et un important dispositif policier a été mis en place. Seul l'accès par l'Arc de Triomphe est ouvert. Les forces de l'ordre effectuent des contrôles et fouillent les sacs, avec parfois la découverte d'armes par destinations telles que des marteaux ou des barres de fer.
Les policiers ont découvert des armes par destination dans certains sacs.  
© Fournis par Europe 1 Les policiers ont découvert des armes par destination dans certains sacs.
© Préfecture de police
Pour l'instant aucun "gilet jaune" n'a pu se rendre sur les Champs Elysées. En revanche, des incidents ont déjà éclaté sur la place Wagram entre les forces de l'ordre et des manifestants, qui se sont élancés en ordre dispersé. A 13 heures, la police annonçait 154 interpellations.
Par Matthieu Bock, avec AFP, édité par Mathilde Durand