Immigration : une commissaire européenne plaide pour un « mécanisme de solidarité obligatoire »

 
La commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, qui présente mercredi une réforme très attendue de la politique d’asile, plaide pour un « mécanisme de solidarité obligatoire » entre tous les pays de l’UE en cas de « pression » migratoire.

« Ce doit être obligatoire, tous les Etats membres doivent aider quand il y a une situation où un Etat membre est sous pression, lorsqu’il y a beaucoup de gens qui ont besoin de protection », a déclaré samedi la commissaire suédoise à l’AFP.

« Mais nous devons aussi prendre en compte le genre d’aide » dont il s’agit, a souligné Ylva Johansson, face à l’hostilité persistante de certains pays à accueillir des demandeurs d’asile et l’échec du système provisoire de quotas de répartition qui avait été décidé lors de la crise migratoire de 2015.

« Il ne s’agit pas seulement de relocalisations [dans un pays de l’UE], cela pourrait être aussi aider au retour » des personnes déboutées du droit d’asile vers leur pays d’origine, a-t-elle poursuivi.

« Une tâche difficile »

La commissaire n’a toutefois pas voulu entrer dans les détails du « nouveau Pacte sur la migration et l’asile » qu’elle doit présenter le 23 septembre, deux semaines après l’incendie du camp surpeuplé et insalubre de Moria en Grèce, vu comme symbole de l’échec de l’UE à se mettre d’accord sur une politique commune.

Elle a reconnu que « trouver une proposition qui puisse être acceptée par tous les Etats membres et le Parlement » européen était « une tâche difficile ».

« Je suppose que quand je vais présenter ma proposition, elle ne va pas être accueillie par des hourras », a-t-elle concédé, tout en espérant « que tout le monde réalisera que c’est un compromis équilibré ».

Le règlement de Dublin bientôt aboli ?

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé mercredi devant les eurodéputés son intention d’« abolir » le règlement Dublin, clé de voûte de la politique d’asile dans l’UE qui cristallise les tensions, au profit d’un « nouveau système européen de gouvernance de la migration ».

Ce règlement confie le traitement de la demande d’asile au premier pays de l’UE dans lequel le migrant est arrivé, ce que des Etats comme la Grèce ou l’Italie jugent inégalitaire en raison de leur situation géographique qui les place en première ligne.

Ylva Johansson, qui a plusieurs fois affirmé qu’il ne devait pas y avoir « d’autres Moria », a aussi souligné que les procédures d’examen des demandes d’asile devaient être « beaucoup plus rapides », pour que les demandeurs « ne soient pas laissés dans le flou ».

Par nouvelobs.com