A Tokyo, Pompeo cherche à réunir ses alliés en Asie et Océanie contre la Chine

 A TOKYO, POMPEO CHERCHE À RÉUNIR SES ALLIÉS EN ASIE ET OCÉANIE CONTRE LA CHINE 
TOKYO/SYDNEY (Reuters) - Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est rendu mardi à Tokyo
pour rencontrer les représentants du Japon, de l’Australie et de l’Inde, ses plus proches alliés en Asie et Océanie, afin de s’assurer de leur soutien contre l'influence croissante de la Chine dans la région, que les États-Unis considèrent comme un danger.

Mike Pompeo devait également se rendre en Mongolie et en Corée du Sud mais son voyage a été écourté après que le président Donald Trump a été testé positif au COVID-19. Ce voyage, le premier de Pompeo en Asie de l'Est depuis juillet 2019, intervient alors que les relations entre Washington et Pékin sont particulièrement tendues.

Cette visite d'un jour comprend une réunion des ministres des affaires étrangères du QUAD (Quadrilateral Security Dialogue), qui réunit quatre puissances de la région indo-pacifique : l'Australie, les États-Unis, l'Inde et le Japon.

S'exprimant au début de la réunion, Mike Pompeo a déclaré qu'il était plus important que jamais que les quatre alliés régionaux collaborent contre "l'exploitation, la coercition et la corruption" du parti communiste chinois.

Le secrétaire d'État américain avait auparavant discuté avec son homologue australienne, Marise Payne, de leurs inquiétudes concernant l'"activité malveillante" de la Chine dans la région - un langage susceptible de susciter une réponse de Pékin.

Si Washington cherche à rallier ses alliés en Asie et Océanie contre Pékin, les analystes estiment que ces nations chercheront à éviter toute confrontation directe avec leur voisin pour des raisons économiques.

Le communiqué de Marise Payne publié après sa rencontre avec Mike Pompeo ne fait ainsi aucune mention de la Chine.

Le secrétaire d'État américain s'est également entretenu avec le nouveau Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, avec lequel il a convenu que la situation dans la région était de plus en plus préoccupante.

Il est peu probable toutefois que la réunion du QUAD débouche sur un plan d'action spécifique. Mais la rencontre en elle-même est susceptible de servir d'avertissement à la Chine et de nourrir ses craintes que ce partenariat puisse un jour se transformer en une structure formalisée comme l'OTAN, ont expliqué des experts.

(Humeyra Pamuk, Sakura Murakami et Kirsty Needham, version française Laura Marchioro, édité par Blandine Hénault)