Au Bangladesh, les violeurs pourront être condamnés à mort

 
Pour la seule année 2020, au moins 1.000 viols ont été enregistrés au Bangladesh. Plusieurs agressions

sexuelles ayant eu lieu récemment ont suscité une indignation sans précédent dans le pays, au point que le gouvernement a décidé de punir le viol de la peine de mort.

Les militants des droits des femmes dénoncent une culture de l'impunité pour les auteurs de violences sexuelles. Ils affirment que les chiffres, déjà alarmants, ne reflètent pas réellement l'ampleur du phénomène car de nombreuses victimes ne portent jamais plainte ou n'obtiennent pas justice.

La colère des Bangladais a éclaté après la diffusion d'une vidéo montrant l'agression d'une femme, déshabillée et violée par un groupe d'hommes. D'après les informations de la BBC, une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme a révélé que la victime avait été violée à plusieurs reprises par le passé. Huit hommes ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire.

La semaine précédente, plusieurs membres de l'aile étudiante du parti au pouvoir avait déjà été arrêtés pour le viol collectif d'une femme dans une auberge de jeunesse de la ville de Sylhet.

Brandissant des pancartes «hang the rapist» («pendez le violeur»), les Bangladais ont défilé, notamment à Dacca, n'hésitant pas à braver les moussons. Certains ont même lancé des appels à la démission de la Première ministre, Sheikh Hasina, dans un pays où les démonstrations ouvertes de défiance sont rares.

Sous la pression, cette dernière a approuvé un décret amendant la peine maximale jusqu'ici prévue pour un viol, à savoir la prison à perpétuité, pour lui préférer la peine de mort.

Le texte doit être promulgué et prendre effet dès demain, mardi 13 octobre, selon le ministre de la Justice, Anisul Huq. Au Bangladesh, la peine de mort est également appliquée pour d'autres condamnations. Les chiffres des groupes de défense des droits de l'homme font état de 23 personnes pendues depuis 2013 et au moins 1.718 exécutions en attente.

Par CNEWS