Cameroun: Albert MUKONG le grand défenseur de la cause anglophone

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Né en 1933 à Babanki Tungo (Cameroun et mort en 2004 ; Albert MUKONG est un militant
anticolonialiste, défenseur des droits de l’Homme et militant de la cause anglophone.

Opposé à la réunification et au régime, Albert Mukong fuit avec Ndeh Ntumazah au Ghana, où il est arrêté et détenu pendant quatorze mois ; il rompt alors avec le One Party Kamerun qui a fusionné avec l’UPC, dont il condamne l’action violente.

Revenu au Cameroun, il est arrêté en 1970 et détenu à la Brigade mixte mobile où il côtoie Ernest Ouandié, dernier leader vivant de l’UPC et l’évêque Ndongmo, tous deux arrêtés pour des activités liées au maquis UPCiste. Mukong est ensuite transporté dans le camp de Mantoum duquel il sort en 1976. Entre 1961 et 1976, il prétend avoir été trois fois contacté par des personnages du régime pour être « acheté » par celui-ci.

Son ouvrage, Prisoner without a Crime, publié en 1984 et dans lequel il relate les conditions de sa détention sous le régime d’Ahidjo, est interdit au Cameroun en 1985 (il sera re-publié à Paris en 1990). Au sein du parti unique réformé par le nouveau président Biya, le RDPC, il tente de faire entendre la cause anglophone dès le milieu des années 1980, à travers diverses publications comme : « The Problems of the New Deal », « Open Letter to the First New Deal Congress of the CNU », « What Is to Be Done ». Il s’associe, dans cette démarche, à un ancien bâtonnier anglophone, Gorji Dinka, plusieurs fois arrêté.


En avril 1992 et participe à l’organisation de la première conférence nationale du Cameroon Anglophone Movement, dont il est secrétaire général, puis à la All Anglophone Conference de Buéa qui tente de se démarquer de l’option nationale prônée par le SDF.

Mukong reste en effet profondément fédéraliste. En août 1994, le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies reconnaît l’État camerounais coupable d’avoir violé les droits d’Albert Mukong lors de son emprisonnement et recommande le versement d’une compensation.

Cette décision mène Albert Mukong à créer en 1995 une ONG, le Human Rights Defence Group, qui va immédiatement bénéficier de la notoriété de son fondateur, notamment auprès des bailleurs de fonds internationaux. Parallèlement aux activités de son ONG, Mukong continue de faire pression sur la sous-commission des minorités des Nations Unies à Genève, en y déposant un texte demandant la tenue d’un nouveau référendum d’auto-détermination des provinces anglophones, estimant que celui de 1961 avait été floué.

Il est arrêté puis remis en liberté en octobre 2002. Il décède en juillet 2004.

Arol KETCH