Covid-19: Les soins reçus par Donald Trump coûteraient plus de 100.000 dollars à un Américain

 Donald Trump a quitté l'hôpital Walter Reed le 5 octobre. Le montant de son hospitalisation est estimé à plus de 100.000 dollars, une somme hors de portée de nombreux Américains. (Photo: ASSOCIATED PRESS) 
INTERNATIONAL - Un aller-retour de la Maison Blanche à l’hôpital en hélicoptère, trois jours
d’hospitalisation, de multiples tests, trois traitements simultanés… Si Donald Trump avait eu à payer la facture pour les soins relatifs à son infection au Covid, il aurait dû débourser plus de 100.000 dollars, révèle le New York Times ce 7 octobre. Une somme hors de portée de la plupart des Américains, à moins de s’endetter lourdement.

Le président américain, infecté par le coronavirus et hospitalisé vendredi 2 octobre, a quitté la Maison Blanche en hélicoptère pour rejoindre l’hôpital Walter Reed. Il en est revenu par le même moyen trois jours plus tard. Ce déplacement à lui seul représente une grande partie de la facture: selon une étude, les transferts sont estimés à près de 40.000 dollars. Même en possédant une assurance qui couvrirait ces frais (et elles sont rares), au moins la moitié de la somme reste à la charge du patient.

La plupart des personnes hospitalisés pour une infection au coronavirus n’ont cependant pas accès à ce mode de transport. Toutefois, comme le souligne le quotidien, les soins à eux seuls suffisent à faire grimper la facture à des niveaux difficilement imaginables.

Entre 30.000 et 190.000 dollars en cas d’hospitalisation

Les dépenses commencent avant même d’arriver à l’hôpital. En effet, si certains États ont mis en place des dépistages gratuits, la demande importante fait que le délai d’attente est souvent très long. En cas d’urgence, les Américains doivent débourser en moyenne une centaine de dollars par test. Si le test a été prescrit par un médecin, l’assurance peut intervenir. En revanche, dans le cas où le test est demandé par l’employeur, les frais sont à la charge du salarié. Et ce, même s’il est amené à se faire dépister régulièrement pour des raisons professionnelles.

De plus, comme souvent aux États-Unis, les prix peuvent varier du simple au triple, voire bien plus, en fonction des États et des centres hospitaliers: au Texas, un drive-in a ainsi facturé jusqu’à 6400 dollars, rapporte le NYT.

Viennent ensuite s’ajouter les soins hospitaliers à proprement parler. À Walter Reed, Donald Trump a reçu pas moins de trois traitements, dont le Regeneron, encore expérimental, et dont il a estimé qu’il était “la clé” de sa guérison. Ce mercredi, le président américain a ainsi annoncé avoir signé l’autorisation de mise sur le marché d’un traitement de la même catégorie, affirmant qu’il serait “gratuit”. Donald Trump a aussi été traité avec du Remdesivir, facturé entre 2340 et 3120 dollars.

Les premières études chiffrent à 60.000 dollars en moyenne l’hospitalisation d’un patient de plus de 60 ans.

Mais là encore, les écarts peuvent être gigantesques. Le prix varie bien sûr en fonction de la durée de l’hospitalisation et des soins apportés (traitement Covid, oxygénation, etc.) mais il dépend aussi de l’assurance de chacun: l’addition peut ainsi passer d’environ 26.000 dollars… à près de 200.000.

Sans assurance, la note peut être considérablement plus salée: à Seattle, un homme hospitalisé deux mois a reçu une facture de plus d’un million de dollars.

En vertu de son statut de président, les frais de santé de Donald Trump ont été intégralement pris en charge par le gouvernement fédéral. Une chance que n’ont pas les quasi 500.000 Américains qui ont dû être pris en charge à l’hôpital depuis le début de la pandémie.

Aux États-Unis, 32% de la population active a des dettes médicales, selon un sondage mené en février 2020, et qui ne prenait pas en compte la pandémie actuelle. Parmi ces personnes dans le rouge, 28% avaient déjà une ardoise de 10.000 dollars ou plus à régler à cause de leurs traitements ou examens.

Cette situation déjà dramatique pourrait encore s’aggraver. Le 10 novembre prochain, la Cour Suprême doit en effet se pencher sur le sort de l’assurance-santé Obamacare (Affordable Care Act). Le gouvernement Trump a demandé son abrogation pure et simple: si la plus haute juridiction américaine lui donnait raison, encore plus d’Américains se retrouveraient confrontés à des frais encore plus importants.