Covid-19 : L’institut pasteur de Lille estime avoir découvert un médicament efficace contre le Coronavirus

 covid-19-linstitut-pasteur-de-lille-estime-avoir-decouvert-un-medicament-efficace-contre-le-coronavirus 
C’est à Lille que les chercheurs de l’Institut Pasteur estiment avoir trouvé un médicament “très
prometteur” contre le coronavirus. Après avoir testé environ 2000 molécules depuis cinq mois, les scientifiques se montrent optimistes. Le médicament en question existe déjà sur le marché, mais pour l’heure, son nom n’a pas encore été dévoilé. Interrogé par France 24, le  Pr Xavier Nassif, directeur général de l’Institut Pasteur fait le point.

Après avoir mené des tests in vitro poussés sur ce médicament depuis le mois de juin, les scientifiques lillois estiment avoir trouvé une molécule à l’efficacité probable contre le Covid-19. Pour l’heure, il reste à débloquer 5 millions d’euros pour que les derniers essais cliniques puissent être menés.

coronavirus-1
lvdneng

Une molécule “très prometteuse” contre le coronavirus

En pleine pandémie, nombre d’entre nous sont à l’affût d’une annonce qui permettrait enfin de se libérer du climat anxiogène qui règne depuis l’apparition de la maladie à Wuhan. Et pour cause, le virus a à ce jour, entraîné plus d’un million de morts à l’échelle mondiale. A l’heure où les chercheurs estiment qu’il circule activement sur plusieurs territoires dont la France, l’Institut Pasteur de Lille révèle qu’une molécule dispose d’une “très grande puissance contre le virus”, selon les mots de Benoît Déprez, son directeur scientifique.

coronavirus-2
ladepeche

Serait-ce le médicament tant attendu ?

L’annonce est porteuse d’espoir. Mais avant de valider définitivement l’efficacité de ce médicament, des tests cliniques sont encore à mener sur le singe, puis sur l’homme, révèle France 24. Dans son article relayant l’entretien avec le Pr Nassif, la chaîne d’information française souligne que pour l’heure, les tests n’ont été menés qu’en laboratoire.

Pour des essais cliniques, le coût nécessaire est estimé à 5 millions d’euros. Cela permettra de confirmer ou non l’efficacité du médicament, avant de considérer une production massive pour les patients du Covid-19.

Selon un membre de l’équipe de recherche interrogé par le 20 Minutes, cette dernière étape ne devrait pas prendre trop de temps, révélant que les essais nécessiteront “plusieurs centaines de patients”. Le chercheur déplore toutefois le manque de financement qui représente un frein à la progression de leur travail.

Ce dernier indique par ailleurs qu’une “demande d’aide a été formulée auprès de l’état” mais que pour l’instant, il “n’a pas manifesté beaucoup d’intérêt”.

Que sait-on de cette molécule ?

Interrogé à ce sujet, le Pr Xavier Nassif indique que cette molécule a été découverte grâce à un repositionnement. En d’autres termes, cela consiste à trouver une nouvelle indication thérapeutique à un médicament qui existe déjà sur le marché pour une autre maladie. Une initiative similaire à celle de Didier Raoult, qui vantait l’efficacité de la molécule antipaludique contre le Covid-19.

Ainsi, près de 2000 molécules auraient été repositionnées. Parmi elles: une a été retenue par les scientifiques. Selon le pr Nassif, cette dernière est “active et surtout capable d’inhiber la réplication du virus dans les cellules à des taux compatibles à une utilisation normale chez l’homme”. Le médecin-chercheur ajoute qu’elle n’aurait démontré que peu ou pas d’effets secondaires. Elle serait par ailleurs utilisée depuis plusieurs années et aurait été assez bien tolérée pour représenter un “bon candidat”. 

Les résultats ont toutefois été obtenus in-vitro. Il reste donc à savoir si l’efficacité pourra être confirmée in-vivo, pour “savoir si cette molécule va être capable d’inhiber aussi efficacement que ça la réplication du virus chez l’homme”, explique le Pr Nassif.

coronavirus-3
la-croix

S’agit-il d’un espoir sérieux contre le coronavirus ?

Si les chercheurs parviennent à démontrer que la molécule inhibe efficacement la réplication du virus chez l’homme, son utilisation pourra être immédiate, révèle le professeur de microbiologie. Elle pourrait prévenir des complications sévères chez les personnes contaminées, en plus d’empêcher les malades asymptomatiques “de sécréter trop longtemps du virus, donc d’être moins longtemps en quarantaine par exemple”, explique-t-il.

Concernant la production, il indique que la molécule dont il est question n’est pas très coûteuse. Si elle venait à être efficace pour être utilisée contre le coronavirus, c’est au niveau industriel qu’il faudra prendre les dispositions nécessaires pour répondre à des besoins à très grande échelle.

Pourquoi le nom du médicament n’a-t-il pas été révélé ?

Au vu de la médiatisation de l’étude du Pr Raoult sur la chloroquine, les scientifiques redoutent “la création d’un marché parallèle” si le nom du médicament venait à être dévoilé. On se souvient par ailleurs de certains témoignages tragiques, notamment de cas d’auto-médication à la chloroquine pour soigner ou prévenir le coronavirus, qui ont entraîné des conséquences désastreuses pour certaines personnes.

Pour l’heure, le Pr Nassif espère obtenir les autorisations nécessaires pour pouvoir mener les premiers tests chez l’homme au cours de l’hiver, sans oublier le financement nécessaire qui s’élève à des millions d’euros.