Election américaine : le casse-tête des votes anticipés

 Certains citoyens ont été contraints d'attendre pendant de longues heures 
Les critiques pleuvent de tous les côtés. Alors que le jour de l'élection présidentielle américaine est fixé
au 3 novembre prochain, plus de 10 millions de citoyens ont d'ores et déjà pu voter de manière anticipée. Seulement cela ne se fait pas sans difficultés.

En Géorgie, par exemple, les habitants pouvaient commencer à voter dès le 12 octobre. Seulement, des bugs techniques sur de nouvelles machines électorales et un nombre de bureaux de vote réduit à cause de la pandémie de coronavirus ont entraîné des files d'attente de plusieurs heures. Certains Américains ont donc dû patienter plus de 5 heures pour accomplir leur acte civique. 

Ces problématiques étaient pourtant prévisibles. Lors de la primaire démocrate qui se terminait en pleine pandémie au printemps dernier, de telles scènes avaient déjà eu lieu. Il est en effet plus difficile de trouver des bénévoles pour accueillir du public quand la peur de tomber malade est aussi présente.

La bataille de la poste

Pour tenter de contrer cela, des Etats avaient donc élargi l'accès au vote par correspondance à tous les citoyens. Seulement, le camp républicain et Donald Trump ont fait leur possible pour freiner cette décision, assurant qu'elle entraînait un risque de fraude sans précédent. Cet enjeu a rythmé les derniers mois de campagne, puisque les études universitaires sur le sujet ne permettent pas de soutenir l'hypothèse du président sortant. Ses opposants s'appuient d'ailleurs sur cela pour expliquer qu'il veut faire en sorte de baisser la participation en misant sur la difficulté d'accès au vote pour les minorités. Ces dernières étant en majorité démocrates. 

Mais outre le seul débat de la fraude, le vote par correspondance devrait, sauf surprise, avoir une conséquence importante : le nom du prochain président des Etats-Unis ne sera pas connu au soir de l'«Election Day». En effet, si certains Etats peuvent commencer à compter les bulletins envoyés par courrier, d'autres doivent attendre la fermeture des bureaux pour le faire. Le délai pour connaître le vainqueur pourrait s'étaler sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. De quoi laisser entrevoir de nouvelles tensions dans une élection ô combien électrique. 

Par CNEWS