Election américaine : les différents scénarios

 La Maison Blanche, objet de violentes convoitises. 
Une élection mystérieuse. Depuis 4 ans, le 3 novembre était considéré comme la date à laquelle les Américains sauront si Donald Trump gagnera son deuxième mandat. Seulement, la pandémie de coronavirus a tout chamboulé, et laisse le futur ouvert à plusieurs scénarios, certains plus inquiétants que d'autres.

Victoire écrasante de l'un ou l'autre candidat 

Il s'agit peut-être du scénario qui entraînera le moins de polémiques. En effet, en cas de véritable vague démocrate ou républicaine dans les Etats les plus importants, il sera presque impossible pour l'un ou l'autre des candidats de contester sa défaite. De plus, l'on sait d'ores et déjà que l'annonce des résultats pourrait prendre du temps à cause de la part grandissante du vote par correspondance dans le scrutin présidentiel. Un vote en masse d'un côté ou de l'autre permettrait d'accélérer les estimations, et donc de limiter les tensions entre les deux camps. 

Victoire serrée de Donald Trump 

Joe Biden l'a dit et répété, il acceptera le résultat de l'élection, et ce quel qu'il soit. Lors du premier débat présidentiel, il a de plus assuré qu'il appellerait ses supporters au calme si jamais les résultats mettent plusieurs jours ou plusieurs semaines à arriver en raison du vote par correspondance. Malgré tout, il reste probable qu'en cas de vote serré, des manifestations auront lieu des deux côtés.

En 2016, les démocrates n'avaient pas pris le risque de contester les résultats dans plusieurs Etats clés, malgré le fait qu'ils auraient pu changer le résultat final du scrutin. Dans nos lignes, Julien Boudon, spécialiste du droit constitutionnel américain, expliquait que cela était notamment risqué, car Hillary Clinton risquait de perdre le gain de certains Etats. Il y a fort à partier qu'en cas de scénario semblable, la direction du parti démocrate reste donc sur sa ligne, et accepte la victoire du parti républicain. 

Égalité entre les deux candidats

S'il y a une certitude, c'est qu'une égalité entre les deux candidats est hautement improbable. Pour autant, elle n'est pas impossible. En effet, les candidats qui gagnent une élection au niveau d'un Etat remportent des grands électeurs. Le nombre de ces derniers change en fonction de la démographie de l'Etat en question. Ils sont au total 538, et forment le collège électoral. Le nombre étant pair, il est de l'ordre du possible que Donald Trump et Joe Biden repartent avec 269 grands électeurs chacun. 

Ce scénario n'est intervenu qu'une seule fois dans l'histoire, en 1800. Quatre candidats se faisaient face : Thomas Jefferson et Aaron Burr pour le parti démocrate, John Adams et Charles Pinckney pour les républicains. Le collège électoral était alors moins peuplé, et Jefferson et Burr se sont retrouvés avec 73 grands électeurs chacun. Dans ce cas, la règle est toujours la même en 2020 : il faut que la Chambre des représentants se mettent d'accord dans un scrutin particulier. Les représentants d'un Etat doivent choisir un seul candidat, de sorte qu'il y ait au final 50 bulletins, ceux des 50 Etats qui composent le pays. Le vice-président est choisi par le Sénat dans un vote semblable. Il y a plus de 200 ans, c'était finalement Thomas Jefferson qui l'avait emporté. 

VICTOIRE SERRÉE DE JOE BIDEN 

Que se passera-t-il si, quelques jours après le 3 novembre 2020, les médias américains annoncent une victoire de Joe Biden de quelques dizaines de milliers de voix dans 3 Etats clés, faisant de lui le prochain président des Etats-Unis ? Le fait est que ce scénario est le plus mystérieux. Donald Trump pourrait accepter sa défaite, mais lorsqu'il a été interrogé sur ce sujet, il n'a jamais laissé entendre que cela serait son choix. 

Des contestations pourraient donc avoir lieu dans plusieurs Etats, lançant une bataille juridique concernant la validité des résultats. Pour accélérer le processus, la Cour suprême pourrait se saisir du dossier, comme elle l'avait fait en Floride en 2000 lors de l'élection entre George Bush et Al Gore. La validation de la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour ce 25 octobre devrait alors jouer un rôle particulièrement important, puisqu'il n'y a désormais plus que 3 juges progressistes sur 6. Les démocrates sont particulièrement inquiets, car cela pourrait finalement donner la victoire à Donald Trump. Si Joe Biden veut l'emporter, il a donc tout intérêt à le faire par une marge des plus conséquentes afin d'éviter les risques. 

Par CNEWS