En Europe, un fort rebond économique au troisième trimestre

Beaucoup d'emplois non qualifiés risquent de disparaître sans laisser de solutions aux travailleurs 
L’économie du Vieux Continent reste néanmoins quatre points en dessous de son niveau de 2019.

L’Espagne décroche, la déflation demeure et le chômage progresse.

La bonne nouvelle de la publication des données économiques d’Eurostat, vendredi 30 octobre, est que l’économie européenne a mieux résisté que prévu. Au troisième trimestre, le rebond du produit intérieur brut (PIB) a été de 12,7 % en zone euro, et de 12,1 % dans l’ensemble de l’Union européenne (UE).

La mauvaise nouvelle est que cela masque une conjoncture encore très affaiblie. Au troisième trimestre, le PIB demeure 4,3 % inférieur à ce qu’il était en 2019 à la même période en zone euro (– 3,9 % pour l’ensemble de l’UE). Autrement dit, l’économie européenne a récupéré un peu plus de la moitié du terrain perdu lors du confinement. Le Vieux Continent se trouve ainsi dans une situation un peu moins bonne que celle des Etats-Unis, dont le PIB au troisième trimestre était inférieur de 2,9 % à celui de 2019.

 

Les chiffres d’Eurostat livrent un deuxième constat : l’impact est relativement similaire entre tous les pays européens. Au troisième trimestre, l’économie de l’Allemagne – où le confinement a été moins dur, mais le rebond moins marqué – se trouvait en recul de 4,2 % par rapport à 2019, contre 4,3 % en France, 4,7 % en Italie ou 5,2 % en Belgique. Le seul vrai point noir est l’Espagne, dont l’économie demeure 8,7 % inférieure à la même période de 2019. Le pays paie notamment sa forte dépendance au tourisme, et la reprise spectaculaire du troisième trimestre (16,7 %) ne suffit pas à combler le retard.

Signaux inquiétants

Toutes ces données n’ont bien sûr aucune incidence sur le nouveau plongeon de l’économie au quatrième trimestre. Le retour des confinements, même moins draconiens qu’au printemps, implique mécaniquement une nouvelle contraction. L’Union bancaire privée prévoit un PIB entre – 1 % et – 2 % pour la France au quatrième trimestre et autour de 0 % pour l’Allemagne. Mais tout dépendra de l’évolution de l’épidémie de Covid-19.

Deux autres données diffusées par Eurostat méritent l’attention. L’indice des prix en zone euro en octobre demeure négatif, à – 0,3 %, pour le troisième mois de suite. Les prix des services, moins volatils et plus révélateurs du manque de dynamisme économique, ne sont qu’à 0,4 %, un niveau historiquement bas.

Enfin, des signaux inquiétants apparaissent sur le front de l’emploi, malgré les mesures de chômage partiel. A travers l’UE, il y avait en septembre 16 millions de chômeurs, soit 1,8 million de plus qu’il y a un an. Cela porte le taux de chômage à 7,5 % sur le Vieux Continent (8,3 % en zone euro).

Par Le Monde