ÉTATS-UNIS - Donald Trump fait campagne en 2020 comme en 2016

Donald Trump, ici photographié en mai 2019 dans les jardins de la Maison Blanche, n'a pas encore... 
ÉTATS-UNIS - Donald Trump fait campagne en 2020 comme en 2016. Entouré de partisans survoltés

ce vendredi 16 octobre à Macon, en Géorgie, le président, accompagné par la foule, a réclamé: “enfermez les Biden !”,.

En 2016, il clamait déjà à longueur de meeting “enfermez Hillary”. Cette année, alors que l’élection a lieu dans moins de trois semaines, Donald Trump s’en prend toujours à son rival démocrate mais surtout à sa famille.

Hunter Biden dans le viseur de Trump

En effet, le président est revenu sur le premier débat qui l’a opposé à Joe Biden et a regretté de ne pas avoir obtenu de réponse à une question sur Hunter Biden. Le second fils du candidat est accusé par un rapport de sénateurs républicains d’avoir touché un paiement de 3,5 millions de dollars de l’ancien maire de Moscou. Une affirmation catégoriquement démentie par la famille Biden, et sur laquelle Donald Trump s’appuie volontiers pour attaquer l’ancien vice-président.

Trump a remporté la Géorgie lors de l’élection présidentielle de 2016. Une nouvelle victoire semble cruciale pour ses chances de réélection. La Géorgie n’a pas soutenu de candidat démocrate à la présidence depuis 1992.

Trump est à la traîne dans les sondages d’opinion et les derniers chiffres de sa campagne montrent qu’il est également en retard dans la collecte de fonds alors que la campagne s’intensifie à 18 jours avant le jour du scrutin le 3 novembre. Cela survient alors que le vote anticipé bat des records, avec plus de 22 millions d’Américains. ayant déjà voté.

Pour l'élection présidentielle américaine, plus le temps avance, plus l'écart se creuse entre Joe Biden et Donald Trump dans les sondages. L'ancien vice-président des Etats-Unis conforte en effet son statut de favori au fil des semaines.

Selon FiveThirtyEight - un site américain qui compile des dizaines de résultats de sondages différents et en tire une moyenne générale - le candidat démocrate est crédité de 53,5% des voix au 15 octobre: son plus haut score depuis le mois de juin. A contrario, le président Donald Trump est au plus bas, avec "seulement" 45,3% des suffrages.

Attention cependant avec cet indicateur, car il est loin d'être le plus fiable. La marge d'erreur grimpe parfois à 4% indique FiveThirtyEight - une variation suffisamment importante pour inverser l'issue du scrutin. L'infographie-ci dessous montre l'évolution des sondages nationaux depuis le mois de juin. Si elle ne s'affiche pas correctement sur votre appareil, cliquez ici.

Les sondages nationaux ne prédisent cependant pas l'issue du vote le 3 novembre. La démocrate Hillary Clinton a par exemple perdu en 2016 alors qu'elle avait récolté trois millions de voix de plus que Donald Trump.

Avec ses 304 grands électeurs, contre seulement 227 côté démocrate, son adversaire républicain remporta en effet l'élection. Car c'est ainsi que se déroule ce scrutin: les électeurs américains désignent 538 grands électeurs qui votent ensuite pour le candidat de leur choix. Ce système permet à certains États faiblement peuplés d'avoir un rôle décisif dans l'élection bien qu'ils ne rassemblent pas beaucoup de voix.

Plus du tiers des grands électeurs encore indécis

Pour gagner, il faut donc réunir au moins 270 grands électeurs. Actuellement, selon les sondages, Joe Biden devrait obtenir au moins 216 grands électeurs. Toujours selon ces chiffres, Donald Trump devrait en rassembler au moins 125. Cependant, cet écart peut vite se resserer, car les sondages sont indécis pour pas moins de... 197 grands électeurs !

L'élection américaine se jouera donc dans une poignée d'Etats-clés susceptibles de basculer d'un côté ou de l'autre. C'est pourquoi nous avons rassemblé les sondages d'une dizaine d'états décisifs dans la course à la présidentielle. A eux seuls, ces 10 états représentent 168 grands électeurs.

Le Texas (38 grands électeurs)

Ce grand état du sud a quasiment toujours voté républicain. Mais à chaque élection, l'écart avec les démocrates se resserre note Mathieu Gallard, de l'Ipsos, sur son compte Twitter:

Les sondages sont très incertains dans cet Etat traditionnellement conservateur, même si Trump est en tête d’un cheveu. En 2016, Clinton n’avait "que" 9 points de retard sur Trump, et c’était déjà un très bon score (Obama avait 16 points de retard en 2012).

Si cet état votait démocrate lors de l'élection, il deviendrait alors très compliqué pour Donald Trump de l'emporter.

La Floride (29 grands électeurs)

Il s'agit du plus grand "swing state", ces états dans lesquels le résultat est indécis d'une élection à l'autre. En 2016 et 2004, les Républicains y ont gagné, contrairement à 2008 et 2012 où Barack Obama y a récolté plus de voix.

Pour l'emporter dans cet état, Donald Trump mise principalement sur les retraités. Mais la gestion de la crise du Covid-19 inquiète les seniors, qui sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à l'actuel président.

Résultat: le Parti démocrate est pour l'instant en avance sur Donald Trump en Floride. Mais l'issue est toujours incertaine dans cet état où de nombreux observateurs jugent qu'une partie des électeurs démocrates sont victimes "d'entraves au droit de vote".

La Pennsylvanie (20 grands électeurs)

Remporté par Donald Trump d'une courte tête en 2016, ce "swing-state" composé de beaucoup d'ouvriers avait fait basculer la dernière élection présidentielle. Mais la donne pourrait changer en 2020 car le candidat démocrate est lui-même originaire de Pennsylvanie.

Pour le moment, Joe Biden est le favori des sondages. En cas de victoire dans un si grand état, la victoire serait quasi-assurée pour l'ancien vice-président de Barack Obama.

L'Ohio (18 grands électeurs)

Lors de 14 dernières élections, l'Ohio a toujours élu le futur président des États-Unis rappelle Europe 1. Et pour l'instant, les sondages dans cet état ne désignent clairement aucun favori: Joe Biden est en tête depuis quelques jours mais avec seulement 0,2% d'avance... Difficile donc de se prononcer sur l'issue de ce scrutin qui sera pourtant décifisf.

La Géorgie (16 grands électeurs)

S'il possède désormais une légère avance sur Donald Trump, Joe Biden est pourtant loin d'être le favori dans cet état selon le site spécialisé FiveThiryEight:

Les républicains ont une base d'électeurs conservateurs, religieux et blancs (...) légèrement majoritaire. Les démocrates peuvent eux compter sur la population afro-américaine ainsi que sur les jeunes électeurs blancs, asiatiques et hispaniques d'Atlanta et des villes universitaires (...) qui atteint rarement les 50%.

Comme en Floride, les lois de vote locales pourraient là encore profiter aux Républicains.

La Caroline du Nord (15 grands électeurs)

Ce swing-state longtemps démocrate a - depuis les années 1960 - pris un tournant républicain. Comme le rappelle Ouest-France, "depuis 1968, une défaite de la droite en Caroline du Nord a toujours été synonyme de défaite au plan national". Et pour le moment, c'est Joe Biden qui est en tête des sondages.

L'issue du scrutin devrait largement dépendre du vote afro-américain. En 2008, les électeurs noirs s'étaient beaucoup plus mobilisés que d'ordinaire, faisant gagner de justesse Barack Obama.

L'Arizona (11 grands électeurs)

État frontalier du Texas, l'Arizona est lui aussi un bastion républicain historique: les démocrates n'y ont gagné qu'une seule fois depuis 1952. Mais cette année, les sondages donnent Joe Biden en tête.

Selon France 24, ce revirement s'explique en partie par le changement démographique. Les latino-américains, généralement pro-démocrates, ne représentaient que 15% de la population locale en 1970. En 2000, un Arizonien sur quatre (25%) était hispanique. Et en 2018, c'est désormais près d'un sur trois (32%).

Le Wisconsin (10 grands électeurs)

Ce swing-state industriel votait démocrate depuis la fin des années 1980. Mais en 2016, le Wisconsin a choisi Donald Trump et son programme de réindustrialisation. Cependant, comme le constate Les Echos, les plans sociaux se sont accumulés au fil du mandat, la crise économique liée au Covid-19 sonnant le glas pour de nombreuses entreprises.

Résultat, quatre ans plus tard, Joe Biden possède une solide avance sur son adversaire dans les sondages. Selon Kathleen Dolan, professeure de sciences politiques à l'université du Wisconsin interrogée par le quotidien, "le niveau d'éducation est plus bas dans l'état. Et le rôle des évangéliques, qui constituent la base de Donald Trump, y est important".

Le Michigan (10 grands électeurs)

La victoire de Donald Trump dans le Michigan en 2016 s'était joué à 10.000 voix près. Comme le raconte France 24, cet état est très divisé entre d'un côté, les démocrates - rassemblés à Détroit et dans les villes étudiantes - et les républicains - regroupés dans les communes rurales. Malgré la confortable avance de Joe Biden dans les sondages depuis plusieurs mois, rien n'est donc joué dans ce swing-state.

L'Iowa (6 grands électeurs)

Alors qu'il avait remporté largement l'Iowa en 2016, Donald Trump doute désormais et se dit "un peu inquiet" à propos de cet état. Les sondages sont en effet extrêmement serrés dans ce petit état agricole.

En cause, selon Ouest-France, la guerre commerciale menée contre la Chine par le président pendant son mandat, qui aurait "privé" les agriculteurs locaux d'un "important marché". Résultat, depuis le début du mois d'octobre, Joe Biden dépasse d'une courte tête Donald Trump dans les sondages.

Par BFMTV