Etats-Unis : Une milice projetait de kidnapper la gouverneure du Michigan pour provoquer « une guerre civile »

  
Quand Donald Trump avait appelé à « libérer » le Michigan pendant le confinement, certaines voix
avaient estimé que le président américain incitait à l’insurrection. Jeudi, treize personnes liées à deux milices ont été inculpées pour avoir fomenté des attaques contre des institutions ainsi qu’un projet d’enlèvement de la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer, une farouche opposante du président américain, ont annoncé jeudi les autorités locales.

Six hommes, considérés comme des « extrémistes violents » par le procureur du district Ouest du Michigan, Andrew Birge, avaient prévu de kidnapper la gouverneure avant l’élection présidentielle du 3 novembre puis de la juger pour « trahison », selon l’acte d’accusation rendu public jeudi. Sur les réseaux sociaux, certains s’affichaient comme des sympathisants des Boogaloo Boys, un groupuscule d’extrême droite mais d’autres semblent pencher du côté de l’anarchie anti-gouvernementale.

Appel à la guerre civile

Sept autres hommes associés au groupuscule local « Wolverine Watchmen » ont également été arrêtés et inculpés pour avoir planifié « une opération en vue d’attaquer le bâtiment du Capitole et kidnapper des responsables du gouvernement, dont la gouverneure », a ajouté la ministre de la Justice de cet Etat, Dana Nessel. Ces miliciens ont également « proféré des menaces de violences pour provoquer une guerre civile », a expliqué la procureure.

L’enquête de la police fédérale a débuté au début de l’année quand le FBI « a appris sur les réseaux sociaux qu’un groupe d’individus parlait de renverser par la violence certaines composantes du gouvernement et des forces de l’ordre », selon l’acte d’accusation. Les six accusés, qui ont été arrêtés, reprochaient notamment à la gouverneure d’être un « tyran » et d’exercer « un pouvoir sans contrôle ».

Whitmer avait décrété à la mi-mars des restrictions parmi les plus sévères du pays pour freiner l’épidémie de coronavirus dans son Etat du nord des Etats-Unis, à l’époque l’un des plus touchés par le Covid-19. Gretchen Whitmer est la cible régulière d’attaques de Donald Trump pour sa gestion de la pandémie et plusieurs centaines d’opposants au confinement, certains lourdement armés, ont manifesté à plusieurs reprises pour la réouverture de l’économie locale. Fin avril, des manifestants armés étaient même entrés dans le Capitole, le siège du gouvernement du Michigan, pour exiger l’assouplissement des mesures sanitaires.

« Soutien en vue d’un acte terroriste »

Pour mener à bien leur projet, les six hommes ont contacté les « Wolverine Watchmen », avec qui ils se sont entraînés pour l’opération. Plusieurs scénarios d’enlèvement avaient été envisagés : à Lansing, la capitale de l’Etat, à son domicile et dans sa résidence de vacances dans le nord du Michigan. Les conspirateurs ont conduit des opérations de surveillance des différentes résidences de la gouverneure et testé des engins explosifs artisanaux, a expliqué Andrew Birge. Ils ont également tenté d’acheter d’autres explosifs, selon un agent du FBI sous couverture cité dans l’acte d’accusation.

Les six hommes – Adam Fox, Barry Croft, Ty Garbin, Kaleb Franks, Daniel Harris et Brandon Caserta – sont poursuivis au niveau fédéral et encourent des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Les sept autres sont poursuivis pour violation de la loi antiterroriste du Michigan, notamment pour « soutien matériel en vue d’un acte terroriste » et « appartenance à un gang » – des crimes punis chacun de 20 ans de prison – et violation des lois sur les armes à feu, a précisé Dana Nessel.
Par 20 Minutes avec AFP