La Corée du Nord dévoile un missile intercontinental géant lors d'un défilé

  
La Corée du Nord célèbre, ce 10 octobre, le 75ème anniversaire du Parti du travail, au pouvoir depuis la
séparation de la péninsule. Ces anniversaires sont souvent une occasion pour Pyongyang de mettre en valeur son potentiel militaire. Et cette année, malgré un contexte économique et diplomatique difficile, le régime a dévoilé un nouveau missile.  

Il s’agit d'un Missile Balistique Intercontinental (ICBM), capable d’atteindre les États-Unis. La Corée du Nord en possédait déjà, mais celui dévoilé ce samedi 10 octobre est immense, plus long et plus large que les précédents.

Selon des spécialistes, ce missible, qui a été montré sur un véhicule de transport à 11 essieux, serait l'un des plus grands au monde, s'il devenait opérationnel. 

« Nous continuerons à renforcer notre armée, » a affirmé Kim Jong-un au cours d'un discours d’une bonne demi-heure, durant lequel il n'a pas une seule fois mentionné les États-Unis. Mais le message envoyé par le leader nord-coréen reste néanmoins offensif, à quelques semaines de la présidentielle américaine. 

Le Hwasong-15, le missile à la plus longue portée jamais testé par la Corée du Nord, et ce qui semblait être un nouveau missile balistique lancé par des sous-marins (SLBM), étaient également exposés.

Main tendue à la Corée du Sud

En Corée du Sud, c'est plutot le discours du leader du Nord qui a retenu l'attention, rapporte notre envoyé spécial à Séoul, Nicolas Rocca. Car c’est un chef d’État ému, presque en larmes, qui s’est présenté sur la place Kim Il-sung de Pyongyang ce samedi devant des milliers de spectateurs.

Une émotion que l’on explique ici à Séoul par les difficultés économiques que connaît le voisin du Nord, aggravées par les inondations de ces dernières semaines et par les restrictions sanitaires. Toutefois, à en croire le dirigeant nord-coréen, il n’y aurait pas moindre cas de Covid à déplorer au Nord.

Mais si Kim Jong-un s’est concentré sur la politique interne, il s’est aussi adressé à Séoul. « Nous envoyons la chaleur de notre cœur à nos compatriotes sud-coréens bien-aimés, afin qu’ils surmontent l’épreuve du coronavirus », a-t-il affirmé.

Un pas vers le Sud après des derniers mois complexes entre les deux pays. En juin, c’était le bureau des relations intercoréennes qui explosaient à la frontière, et fin septembre un fonctionnaire sud coréen présent dans les eaux territoriales du Nord a été abattu. Un acte qui avait forcé le dirigeant de Pyongyang à formuler de rares excuses.

Pour autant, au-delà des messages symboliques, les décisions politiques seront prises en janvier prochain, à l’occasion du second congrès exceptionnel du parti, le premier depuis 2016.

Par RFI