Le cardinal australien George Pell attendu à Rome cette semaine

Le cardinal George Pell a été acquitté en avril (photo d'illustration). 
Le cardinal George Pell, condamné en première instance puis en appel à six ans de prison, avant d’être
acquitté en avril, doit se rendre à Rome cette semaine. L’annonce de ce voyage survient quelques jours après la démission forcée d’un cardinal très en vue, soupçonné de détournement de fonds. Le cardinal australien a été secrétaire à l’Économie du pape François.

L’ex secrétaire à l’Économie du pape François, le cardinal australien George Pell, doit retrouver Rome cette semaine après avoir été acquitté en avril en Australie dans une affaire de pédophilie, selon des médias australiens.

Le cardinal partirait pour Rome mardi, pour la première fois depuis son départ en Australie à l’été 2017, selon le journal Herald Sun.

Une information confirmée par CathNews, un portail d’informations de la Conférence épiscopale d’Australie se référant à des sources proches du cardinal Pell, qui n’a suscité aucun commentaire lundi de la part du Vatican. En cas d’arrivée effective en Italie, il devra toutefois se soumettre à une quarantaine.

Depuis son acquittement dans une retentissante affaire de pédophilie et sa sortie de prison, le prélat vivait dans son archidiocèse de Sydney.

Condamné en première instance, en appel, puis acquitté

Cet homme connu pour sa poigne et sa connaissance des affaires économiques avait été nommé en 2014 par le pape François à la tête d’un inédit Secrétariat à l’Économie, chargé de contrôler les finances et dépenses vaticanes dans les différentes administrations du Saint-Siège.

La tâche avait suscité une grande résistance interne dans une Curie romaine (gouvernement du Vatican) habituée à une grande autonomie financière.

Le cardinal de 79 ans avait été condamné en mars 2019 à six ans d’incarcération pour des viols et agressions sexuelles sur deux enfants de chœur en 1996 et 1997 dans la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne (sud-est) dont il était l’archevêque.

Sa condamnation, confirmée en appel, avait finalement été cassée par la Haute Cour d’Australie qui l’a acquitté en avril de cinq chefs d’accusation de violences sexuelles, au bénéfice du doute.

« Une grave injustice »

M. Pell, qui était incarcéré depuis plus d’un an, était alors sorti de prison en estimant que l’arrêt permettait de réparer une grave injustice.

Son retour à Rome aurait toute la saveur d’une revanche pour le prélat australien, alors que le pape a démis jeudi un influent cardinal pour sa présumée mauvaise gestion des deniers de l’Eglise.

Dans une déclaration transmise vendredi à l’agence américaine Catholic News Agency, le cardinal Pell écrivait : Le Saint-Père a choisi de nettoyer les finances du Vatican. Il a une stratégie à long terme et doit être remercié et félicité à propos de récents développements. J’espère que le nettoyage des écuries continuera au Vatican, a ajouté le prélat.

Un cardinal démissionne

L’un des cardinaux les plus en vue du Vatican, l’Italien Angelo Becciu, a été poussé à la démission jeudi par le pape François qui l’a reçu durant une vingtaine de minutes pour lui indiquer qu’il était soupçonné de détournement de fonds par des enquêteurs.

La justice vaticane devrait préciser rapidement les chefs d’accusation pesant contre lui, selon une source proche du dossier.

Le prélat, soupçonné d’avoir favorisé financièrement les activités de ses trois frères durant sa carrière, avait convoqué vendredi une conférence de presse pour clamer son innocence.

Le nom du cardinal a en outre été maintes fois évoqué dans le cadre d’une enquête explosive, lancée voici un an, sur d’opaques montages financiers pour acheter un immeuble dans le quartier chic de Chelsea à Londres.

L’affaire a déjà provoqué le licenciement de cinq employés de la Secrétairerie d’État qui travaillaient avec le cardinal Becciu.

Après une carrière de nonce (ambassadeur), le prélat italien avait fait office durant sept ans de substitut de la Secrétairerie d’État, poste clef en contact constant et direct avec le pape, occupé jusqu’à l’été 2018.
Par Ouest-France