Qatar. Des passagères subissent un examen gynéco après l’abandon d’un bébé à l’aéroport

Une employée de Qatar Airlines à l'aéroport de Sydney, en Australie, le 29 septembre 2020. 
Des passagères australiennes ont rapporté avoir subi des examens corporels poussés à l’aéroport de
Doha, au Qatar, le 2 octobre dernier. L’aéroport cherchait à identifier la mère d’un nouveau-né prématuré abandonné dans les toilettes. Le bébé se trouve en bonne santé.

Les faits remontent au 2 octobre dernier et ont été révélés dimanche par la télévision australienne Seven News. Des passagères ont subi de force des examens corporels poussés à l’aéroport international Hamad, à Doha.

L’aéroport de la capitale qatarie explique dans un communiqué qu’il avait été demandé à des femmes « de participer » à des requêtes visant à localiser la mère d’un nouveau-né prématuré abandonné dans les toilettes.

Forcées à faire des frottis

Ces femmes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont été débarquées d’avions et conduites dans des ambulances où elles ont subi des examens pour savoir si elles avaient accouché récemment.

« (Les fonctionnaires) forçaient les femmes à subir des examens corporels essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (des frottis, ndlr) », a déclaré dimanche à l’AFP une source à Doha qui a été informée d’une enquête interne sur l’incident.

L’aéroport international de Doha a indiqué que « le personnel médical avait exprimé ses inquiétudes aux responsables de l’aéroport concernant la santé et le bien-être d’une mère qui avait juste donné la vie et demandé à la localiser avant qu’elle ne parte ».

« Les individus ayant eu accès au secteur de l’aéroport où le nouveau-né a été trouvé ont été invités à participer aux recherches », ont poursuivi les autorités aéroportuaires sans préciser ce qui avait été demandé aux femmes interrogées, ni leur nombre.

Une enquête en cours

En raison de l’incident, l’un des vols, le QR908 de Qatar Airways à destination de Sydney, a eu quatre heures de retard, selon le site de surveillance Flight Radar 24.

Des femmes d’autres pays et d’autres vols ont subi des examens similaires. Une enquête est en cours au Qatar, selon Seven News.

L’aéroport de Doha a appelé dimanche à ce que la mère du bébé se manifeste, laissant penser que les examens n’avaient servi à rien. « Le nouveau-né reste non-identifié, mais il est en bonne santé aux mains du personnel médical et social », a indiqué l’aéroport, appelant toute personne ayant des informations sur la mère à les communiquer.

Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a indiqué à Seven News avoir « fait officiellement part aux autorités » du Qatar de ses « graves inquiétudes concernant l’incident ». Il a ajouté avoir « reçu l’assurance que des informations détaillées et transparentes sur l’événement seraient bientôt fournies » par le Qatar.

Le Qatar pratique loi islamique qui punit sévèrement les femmes qui tombent enceinte hors mariage. Sollicitée dimanche, la compagnie Qatar Airways n’a pas fait de commentaires.

La pandémie de Covid-19 a forcé Qatar Airways à réduire la fréquence et le nombre de ses vols.

Par  Ouest-France Ouest-France avec AFP