Ses parents végétaliens l’avaient nourri à l’eau de coco, un bébé lourdement handicapé en Australie

 L’eau de coco n’est pas adaptée aux besoins nutritionnels d’un bébé, avait expliqué l’infirmière aux parents. 
Leur petite fille, aujourd’hui âgée de 3 ans, est atteinte d’une paralysie cérébrale causée par une malnutrition

En Australie, des parents végétaliens ont été condamnés ce lundi 28 septembre par le tribunal du comté de Victoria à un suivi psychologique pour avoir fait subir à leur bébé d’un an un régime alimentaire inadapté, à base de plantes, rapporte le site d’informations News.com.

Cette alimentation composée d’eau de coco et poudres au lieu du lait maternisé a engendré chez l’enfant un handicap permanent qualifié de « dévastateur ». Le couple, qui est depuis séparé, a plaidé coupable et échappe à la prison. Mais si les parents ne se soumettent pas à l’injonction thérapeutique décidée par le tribunal, ils devront comparaître à nouveau devant la justice.

Leur petite fille, aujourd’hui âgée de 3 ans, est atteinte d’une paralysie cérébrale causée par une malnutrition. Alors qu’elle avait 12 mois, elle a été conduite dans un état critique aux urgences de Geelong, près de Melbourne, en août 2018, où les médecins ont découvert sur son corps des ecchymoses, des plaies ouvertes, des éruptions cutanées et une décoloration de la peau. Ils ont aussi remarqué des hémorragies internes et du sang dans ses selles.

Les mêmes symptômes qu’un enfant souffrant de la famine

Le diagnostic des médecins a été sans appel : le bébé souffrait d’une grave malnutrition protéino-calorique connue sous le nom de « Kwashiorkor » et qui est souvent observée chez les enfants des pays en proie à une famine.

Sept jours avant que le père de 34 ans n’amène son bébé aux urgences de l’hôpital, il avait écrit un e-mail à une association qui milite pour des traitements « à base de plantes » basée aux États-Unis pour obtenir des conseils. Il y expliquait que son enfant, qui suivait un régime à base de fruits, avait cessé de s’alimenter et de boire et demandait de l’aide « dès que possible ». Mais au lieu de lui conseiller d’amener son enfant à l’hôpital, l’interlocuteur avait suggéré de lui faire boire un « thé » pour soulager son estomac.

Une semaine plus tard, la petite fille, qui ne pesait que 6 kg (alors qu’un enfant d’un an fait en moyenne 9 kg), était hospitalisée en soins intensifs où elle est restée pendant un mois.

L’audience a révélé que les parents ont commencé à nourrir leur bébé avec un mélange d’eau de coco et de poudres au lieu du lait maternisé recommandé après l’allaitement. Une infirmière les avait pourtant alertés sur la croissance anormale de leur enfant et avait fait connaître son inquiétude. Les parents ont ignoré ses avertissements puis ont cessé de se rendre aux consultations.

La mère s’occupe désormais seule de l’enfant

« Cette mixture de noix de coco n’est certainement pas appropriée car elle n’est pas nutritionnellement adaptée pour un bébé », avait d’ailleurs déclaré l’infirmière dans un e-mail adressé au couple.

Le couple avait-il conscience de mal agir ? Dans un email, dévoilé à l’audience, la mère de l’enfant, âgée de 32 ans, demandait à son compagnon s’il comptait soulever la question de la « perte de poids et de la mollesse du corps » auprès des sites internet qu’ils avaient pris l’habitude de consulter.

L’enfant est désormais prise en charge uniquement par la mère, qui fait preuve, a noté le tribunal, d’un « engagement et d’un dévouement » envers sa fille et s’engage avec des professionnels de la santé. La juge a dit aux parents que leur fille avait encore un long chemin devant elle, mais que son état s’était amélioré grâce à une alimentation équilibrée et à des soins de santé appropriés.