Accusé de fraude en Afrique du Sud, un prédicateur millionnaire fuit au Malawi

Le pasteur Shepherd Bushiri et son épouse, Mary, dans un stade de Soweto, le 1er janvier 2020. 
Shepherd Bushiri réclame à Pretoria la garantie d’un procès juste et équitable avant de se présenter de nouveau devant la justice.

Le prédicateur star millionnaire Shepherd Bushiri, libéré sous caution dans une affaire de fraude et blanchiment en Afrique du Sud, a annoncé dans un communiqué, samedi 14 novembre, avoir fui le pays vers le Malawi, d’où il est originaire. Célèbre en Afrique australe, l’église évangéliste qu’il a fondée à Pretoria, baptisée Enlightened Christian Gathering Church (ECG), a des milliers de fidèles. Homme d’affaires au train de vie fastueux, Shepherd Bushiri a investi dans l’industrie minière, les télécoms ou encore l’hôtellerie de luxe. Sa fortune, dont une partie vient des dons des croyants, est estimée à plusieurs millions d’euros.

Accusé de détournement de fonds et fraude mettant en jeu plusieurs millions d’euros, il avait été arrêté avec son épouse, Mary, par les autorités sud-africaines et libéré sous caution le 4 novembre. « Il y a eu des tentatives claires et évidentes de nous tuer, ma femme et ma famille », affirme le prédicateur pour expliquer leur décision de fuir le pays vendredi : « Nous devons être vivants pour témoigner de notre innocence. » Leur fuite a coïncidé avec une visite officielle de deux jours en Afrique du Sud du président du Malawi, Lazarus Chakwera, de retour à Lilongwe samedi. Certains ont accusé le président malawite d’avoir facilité la fuite de Bushiri en le faisant voyager à bord du même avion. « L’accusation selon laquelle […] Shepherd Bushiri a voyagé sur le même vol que le président est fausse », a démenti son porte-parole auprès de l’AFP.

Le ministre sud-africain de la justice, Ronald Lamola, a déclaré samedi sur Twitter qu’il n’hésiterait pas à utiliser les moyens à disposition « pour aider les autorités à extrader ceux qui fuient la justice ». Shepherd Bushiri réclame à Pretoria la garantie d’un procès juste et équitable, avec la désignation d’enquêteurs et de juges indépendants, avant de se présenter de nouveau devant la justice sud-africaine.

Le Monde avec AFP