Covid-19 : comment la Finlande a géré l'épidémie à merveille

 La baisse du PIB de la Finlande au deuxième trimestre était de l'ordre de 4,5%, soit le meilleur résultat de l’Union européenne. 
À l’heure où la plupart des pays d’Europe durcissent leurs mesures et ont du mal à gérer la seconde vague de la pandémie de coronavirus, la Finlande fait figure de bon élève du Vieux Continent.

Nombre de décès très peu élevé, seul pays de l’Union Européenne où les contaminations quotidiennes sont en baisse, une population contente des mesures prises par le gouvernement... Tout semble aller pour le mieux en Finlande en cette période où la plupart des pays d’Europe durcissent le ton et luttent face à une résurgence des cas de Covid-19.

Au cours des deux dernières semaines, le pays a enregistré 51,8 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, soit le taux le plus bas de l’UE selon l’OMS, pour ce pays qui ne compte “que” 363 décès liés au coronavirus. Et pourtant, début octobre, comme la France, le pays a connu une forte augmentation du nombre d’infections mais le gouvernement a agi rapidement pour maîtriser la situation.

La distanciation respectée bien avant la pandémie

Au mois de mars, un semi-confinement a été instauré. Si les écoles ont été fermées, la plupart des magasins sont restés ouverts et les habitants n’ont pas eu d’interdiction de sortir de chez eux, seuls les trajets vers et depuis la capitale étaient interdits. Des mesures largement approuvées par cette population de 5,5 millions d’habitants qui estime en grande majorité qu’elles ont été faciles à vivre. Selon un sondage Eurobaromètre publié en octobre, ils sont même 25% à avouer que le confinement a amélioré leur qualité de vie.

Il faut dire que dans ce pays, les habitants ont toujours été des adeptes de la distanciation sociale, comme l’explique le journaliste et écrivain Philip Teir au Monde : “C’est peut être un cliché, mais nous sommes des adeptes de la distanciation sociale. On ne se fait pas la bise et on se serre rarement dans les bras. Nous n’avons donc pas eu à changer beaucoup nos habitudes.” Les Finlandais ont donc en quelques sortes adhéré naturellement aux règles, sans avoir à être forcés. Bien que recommandé, le port du masque n’est d’ailleurs pas obligatoire, ce qui n’a aucune incidence sur le nombre d’infections.

“Les Finlandais aiment les règles”

De plus, la politique de test s’est montrée très efficace et l’application pour le suivi des cas a été téléchargée 2,5 millions de fois, soit par presque la moitié de la population. Interrogée par LCI, une habitante se confie sur l’évidence de télécharger cette application : “Les Finlandais aiment les règles, ils font très confiance aux autorités. Cela n’a même pas traversé l’esprit des gens de ne pas la télécharger.”

Autre facteur important dans cette maîtrise de la pandémie, 14% des habitants étaient déjà habitués à travailler de chez eux avant la pandémie et n’ont donc pas connu de gros changement. Au mois de mars, 60% des salariés ont pu passer au télétravail, soit le chiffre le plus élevé en Europe d’après la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et du travail citée par Le Monde. Il semblerait même que de nombreux Finlandais aient commencé le télétravail et réduit leur mobilité avant que le gouvernement n’impose des mesures.

Au mois de mars dernier, la Finlande a remporté pour la troisième année consécutive le titre de “pays le plus heureux du monde”. La bonne gestion de cette crise pourrait de nouveau placer le pays au sommet de ce classement.

Maxime Poul 

Yahoo Actualité