Iran : un scientifique haut responsable du programme nucléaire assassiné

 La voiture du physicien a été attaqué en Iran ce 27 novembre 
Il était «l'Oppenheimer iranien» selon certains. Mohsen Fakhrizadeh, scientifique spécialiste du nucléaire et officier chez les Gardiens de la révolution, a été assassiné ce 27 novembre en Iran.

Son nom n'était pas inconnu des gouvernements occidentaux. En effet, ce physicien était au centre du développement du programme nucléaire iranien. Dans un rapport publié au début des années 2010 par l'Agence internationale de l'énergie atomique, il n'y avait que son nom qui apparaissait en toutes lettres. Son rôle militaire et son importance dans le programme étaient l'une des craintes de la part d'Israël, des Etats-Unis et de l'occident, qui ont toujours soupçonné la République islamique de chercher à obtenir la bombe nucléaire. 

Benjamin Netanyahou l'avait d'ailleurs cité dans un discours en 2018, lorsque les services du Mossad avait dérobé des documents confidentiels : «Mohsen Fakhrizadeh, souvenez-vous de ce nom». C'est notamment pour cette raison que Téhéran a accusé Israël d'avoir commandité l'assassinat du physicien. «Les responsables et les auteurs de cette tentative lâche doivent savoir qu'une vengeance terrible les attend», a quant à lui tweeté Mohammad Baghéri, chef d'état major iranien.

Le programme nucléaire pris pour cible

C'est la deuxième perte majeure pour l'Iran et les Gardiens de la révolution cette année. Pour rappel, en janvier, les Etats-Unis avaient tué Qassem Soleimani, commandant d'une unité d'élite au sein de l'armée idéologique du pays. Celui-ci était considéré comme l'Iranien le plus influent dans la région du Moyen-Orient, et était adulé par ses concitoyens. 

Mais la mort de Mohsen Fakhrizadeh intervient également après plusieurs incidents autour du programme nucléaire iranien. En juillet dernier, le complexe de Natanz a été endommagé par une explosion. Selon les autorités du pays, il s'agissait d'un sabotage. Quelques jours plus tôt, c'est un site de production de missile près de la capitale qui était visé. Reste à savoir si le programme nucléaire du pays, civil ou non, pourra se relever de ces pertes, d'autant que la crise économique dans le pays se poursuit. L'Iran a d'ailleurs appelé Joe Biden, récemment élu président des Etats-Unis, à renouer les relations et renégocier l'accord signé en 2015.

Par CNEWS