Le camp Trump tente toujours de nier la victoire de Biden

 
Depuis plus de trois jours, Donald Trump et ses partisans refusent de reconnaître sa défaite à
l'élection présidentielle, pourtant évidente dans les résultats déjà remontés.

Kayleigh McEnany, la porte-parole de la Maison-Blanche, s'est retrouvée au cœur d'un rare moment de télévision, lundi. Alors que la chaîne ultra-conservatrice Fox News diffusait en direct une conférence de presse à laquelle elle participait, la diffusion a été brutalement interrompue, le présentateur reprenant immédiatement l'antenne. La fidèle collaboratrice du président Trump accusait le parti démocrate d'empêcher la présence d'observateurs lors des opérations de dépouillement et d'«encourager la fraude» -ce que rien ne permet d'étayer- et le journaliste Neil Cavuto a repris la parole en lançant d'un ton affolé : «Ouhlà ouhlà ouhlà... Je crois qu'il faut qu'on soit clairs... Elle accuse le camp adverse d'encourager la fraude et d'encourager les votes illégaux... A moins qu'elle ait plus de détails pour appuyer ces affirmations, je ne peux sérieusement continuer à vous montrer ça, je veux être sûr...»

L'épisode illustre les difficultés grandissantes des médias à faire face à l'offensive lancée par Donald Trump et ses alliés depuis l'annonce de sa défaite samedi. Joe Biden, déclaré vainqueur par toutes les grandes chaînes de télévision et l'Associated Press, bénéficie dans les Etats-clés de dizaines de milliers de voix d'avance garantissant son emprise sur le collège des grands électeurs (en plus d'une confortable marge de 4,6 millions de voix au niveau national, en l'état du décompte mardi matin). La probabilité que les différentes actions engagées par la campagne Trump pour contester ici et là la validité de tel ou tel lot de bulletins ou exiger des recomptes puisse aboutir à un changement significatif des résultats est extrêmement faible, car les marges engrangées par Joe Biden sont tout simplement trop importantes.


Vidéo: Présidentielle américaine : Trump dénonce « le vol de l’élection », des chaînes d'info coupent son micro (Dailymotion)

Cette réalité n'empêche pas les alliés du milliardaire de continuer leur croisade. Le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, a apporté un soutien feutré aux démarches du camp Trump, estimant lundi que Donald Trump était «dans son droit» en exigeant de nouveaux dépouillements -ce qui est vrai dans plusieurs Etats-clés- et en lançant des actions en justice sur des soupçons de fraude -qui eux n'ont pas été étayés. D'autres sénateurs sont moins prudents. Lindsey Graham, partisan acharné de Donald Trump a proclamé sur Fox News lundi : «On gagne grâce à nos idées, on perd les élections parce qu'ils [les démocrates] trichent.» Le ministre de la Justice, William Barr, a pour sa part autorisé l'ouverture d'enquêtes sur les élections... entraînant la démission immédiate du responsable des enquêtes sur la fraude électorale.

"Personne ne pense vraiment que les résultats vont changer"

Sur les réseaux sociaux, Donald Trump continue de diffuser à ses millions d'abonnés toutes sortes d'informations mettant en doute les résultats de l'élection. Lundi, il a prétendu avoir remporté l'Etat de Géorgie, où Joe Biden a plus de 12 000 voix d'avance, et affirmé que le dépouillement n'avait pas pu être observé par des républicains en Pennsylvanie, ce qui est faux, ainsi que le rappelle, entre autres, PolitiFact.

En coulisses pourtant, les républicains sont de plus en plus résignés à la défaite, à en croire le «New York Times», «Politico» le «Washington Post», qui cite notamment un républicain haut placé. «Quel est le problème à lui faire plaisir pendant un petit moment? Personne ne pense vraiment que les résultats vont changer. Il a été au golf ce week-end. Ce n'est pas comme s'il complotait pour empêcher Joe Biden de prendre le pouvoir le 20 janvier. Il tweete qu'il va lancer des poursuites, ces poursuites vont échouer, il va encore tweeter que l'élection a été volée et puis il va partir», affirme cette source du «Post».

Par Paris Match