RDC : las de composer avec le clan Kabila, Félix Tshisekedi tente d’établir de nouvelles alliances

 RDC : las de composer avec le clan Kabila, Félix Tshisekedi tente d’établir de nouvelles alliances 
En RDC, les jours semblent comptés pour la coalition FCC-CACH. Le partage de pouvoir entre la présidence de Félix Tshisekedi et le gouvernement majoritairement, contrôlé par l’ex-président Joseph Kabila, a mené le pays au blocage institutionnel. Depuis lundi 2 novembre, le chef de l’Etat multiplie les consultations dans l’espoir de constituer une « union sacrée de la nation » qui pourrait dessiner une nouvelle majorité.

Après avoir consulté Jean Pierre Bemba mercredi, le président Tshisekedi a reçu ce samedi Moïse Katumbi. Ces rencontres ont eu lieu dans le cadre d’une large série de consultations entamées en début de semaine par le chef de l’Etat congolais.

Depuis lundi 2, le président multiplie les entretiens : les ex-premiers ministres, les ex-gouverneurs de la banque centrale, les ex-présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les candidats à dernière élection présidentielle, les présidents d’associations professionnelles, les mouvements citoyens, les chefs coutumiers, les organisations de la société civile...  L’objectif déclaré de M. Tshisekedi est de réaliser le plus large rassemblement possible, une « union sacrée de la nation », autour d’un grand projet de développement du pays.

L’initiative semble susciter l’adhésion de nombreuses forces vives de la nation congolaise. Même certains membres du FCC, la famille politique de Joseph Kabila, ne cachent plus leur attirance pour cette dynamique rassembleuse.

Toutefois, parmi les ténors de l’opposition, Martin Fayulu a refusé, à ce stade, de participer aux consultations, revendiquant toujours son statut de véritable gagnant de l’élection présidentielle. Adolphe Muzito ne semble pas davantage disposé à saisir la main que lui tend le chef de l’Etat.

On saura dans quelques jours de quoi cette longue semaine de consultations accouchera. L’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale circule. Elle permettrait de composer une nouvelle majorité et donc un nouveau gouvernement, à condition toutefois de gagner dans les urnes. Si le rassemblement attendu de ces consultations se révèle assez large, le pari pourrait être gagnant, d’autant plus que le Chef de l’Etat a pris soin, le mois passé, de nommer trois nouveaux juges à la Cour constitutionnelle, au grand dam de l’équipe Kabila.

Il faudra aussi convaincre les Congolais que cette « union sacrée », cette fois-ci sera la bonne, qu’il ne s’agit pas simplement de l’organisation d’une vaste transhumance politique, avec la clé un énième partage de cet énorme gâteau qu’est la RDC, ce pays de cocagne aux populations si misérables. 

Par Agence Ecofin