Argentine : le Parlement vote la légalisation de l'avortement

  
Les députés argentins ont voté ce vendredi en faveur de la légalisation de l'avortement, à 131 voix contre 117.

Présenté par le président péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez, le projet de loi autorise l'Interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu'à la 14ème semaine de grossesse.

UN VOTE PREVU au senat LE 29 DECEMBRE

En 2018, l'Assemblée avait déjà voté la loi permettant la légalisation de l'avortement, avant le rejet du texte par le Sénat. «Cette fois, nous avons une chance de faire adopter le projet de loi au Sénat, bien qu'il y ait des indécis», a assuré à la radio la sénatrice Norma Durango.

Le passage du texte devant la Chambre haute est prévu le 29 décembre prochain. S'il est adopté, l'Argentine pourrait devenir l'un des seuls pays à accepter l'IVG de la région, avec Cuba, l'Uruguay, le Guyana et la province de Mexico.

la joie des militantes feministes

L'adoption du texte par le Parlement a suscité des scènes de liesse parmi les militantes féministes oeuvrant pour la légalisation de l'avortement.

Depuis le lancement du mouvement NiUnaMenos contre les inégalités de genre et les violences contre les femmes en 2017, le foulard vert est devenu l'accessoire fétiche des militantes féministes argentines. Elles sont nombreuses à le porter dans les rues de Buenos Aires, tel un signe de ralliement en faveur du droit à l'avortement. Les activistes militent pour la mise en place d'un «avortement légal, gratuit et à l'hôpital».

eviter le danger des avortements clandestins

«Je suis catholique mais je dois légiférer pour tout le monde. C'est un problème de santé publique très grave», avait déclaré le président Alberto Fernandez en novembre dernier, évoquant les 3.000 femmes mortes

Selon les estimations gouvernementales, entre 370.000 et 520.000 avortements clandestins sont pratiqués chaque année dans le pays. Pour l'heure, l'IVG n'est autorisé légalement qu'en cas de viol ou de danger pour la mère de l'enfant.

Le nouveau projet de loi prévoit une objection de conscience pour les praticiens qui refusent de mener une IVG.

Par CNEWS avec AFP