Dans la tourmente, le site PornHub supprime plus de la moitié de ses vidéos

 Le site PornHub supprime plus de la moitié de ses vidéos 
Le site est accusé par le New York Times d'héberger des contenus pédopornographiques.

Le site pornographique PornHub, l'un des plus fréquenté au monde, a supprimé plus de la moitié de ses vidéos. Dans un communiqué publié sur son blog, le site a annoncé la suppression de toutes les vidéos postées par des utilisateurs non certifiés ou membres de son programme partenaire. Selon un décompte du site Vice, il hébergeait 4,7 millions de vidéos lundi, contre 13,5 millions la veille.

Le site PornHub est au cœur d'un scandale depuis la publication d'un article du New York Times affirmant que le site proposait des contenus illicites, et interpellant le premier ministre canadien Justin Trudeau, «qui se dit féministe». «Pourquoi le Canada (où le site est basé, NDLR) accueille-t-il une entreprise qui diffuse dans le monde des vidéos de viol?», interrogeait son auteur, Nicholas Kristof. Parmi les 6,8 millions de nouvelles vidéos publiées sur le site chaque année, «beaucoup montrent des abus perpétrés sur des enfants et de la violence non consentie», selon le quotidien américain.

Retrait de Marstercard et Visa

Les premières répercussions n'ont pas tardé: Mastercard et Visa ont annoncé jeudi dernier que leurs cartes de crédit ne pourraient plus être utilisées dans l'immédiat pour effectuer des paiements sur Pornhub. Même s'il s'agit d'un site principalement gratuit, «c'est sûr que cela fait mal à Pornhub», estime Julie Miville-Dechêne, sénatrice indépendante du Québec qui a déposé en septembre un projet de loi visant à protéger les jeunes contre l'exposition à la pornographie.

Depuis la semaine dernière, seuls les utilisateurs «correctement identifiés» pouvaient publier du contenu, tandis que les téléchargements de vidéos étaient réservés aux utilisateurs payants.

Prise de distance

Pornhub, basé physiquement à Montréal et fiscalement au Luxembourg, a réfuté les accusations du New York Times. Le groupe assure notamment n'avoir «aucune tolérance» pour les contenus montrant l'abus sexuel d'enfants et dit avoir développé des outils pour «identifier et éradiquer» ce genre de vidéos. Pornhub réaffirme lundi avoir beaucoup moins de vidéos illégales sur son site que les plateformes traditionnelles de réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou Twitter, et mettre en place des mesures inédites pour ces plateformes.

La régulation de contenus illégaux de Pornhub, qui a recensé 42 milliards de visites en 2019, est pointée du doigt depuis plusieurs années. En 2019, plusieurs grands groupes, dont Unilever et Kraft Heinz, avaient déjà pris leurs distances avec le site après un article du journal britannique The Sunday Times qui expliquait avoir trouvé sur la plateforme des contenus illégaux, dont des vidéos de pédopornographie.