Google : Une chercheuse noire licenciée, l’entreprise sommée de s’expliquer

Illustration Google. 
La chercheuse d’origine éthiopienne venait de publier un article sur les biais racistes et haineux d’une IA
DISCRIMINATIONS - La chercheuse d’origine éthiopienne venait de publier un article sur les biais racistes et haineux d’une IA

Plus de 1.600 employés de Google et plus de 2.500 universitaires et citoyens ont signé une lettre en ligne demandant des explications à Google après le licenciement d’une chercheuse noire.

Tout a commencé en milieu de semaine dernière. Ce mercredi, Timnit Gebru a indiqué sur Twitter que sa hiérarchie avait accepté une démission qu’elle n’avait pas soumise. Quelques jours plus tôt, cette chercheuse qui travaille sur les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle (IA) s’était plainte auprès d’un groupe interne du fait que Google « réduisait au silence les voix marginalisées ».

Une démission étrange et un article retoqué

Timnit Gebru affirme que Google lui reproche « certains aspects » de cet e-mail, qui seraient « en contradiction avec ce qu’on attend d’un manager chez Google ». Selon NPR, la chercheuse avait aussi confié à ce groupe avoir reçu l’ordre de rétracter un article scientifique sur l’éventuelle utilisation d’une IA pour imiter des propos haineux ou biaisés.

Le chef du département IA de Google, Jeff Dean, a justifié cette demande de rétractation dans un e-mail rendu public en expliquant que l’article n’avait pas atteint les niveaux d’exigence pour une publication. Il y affirmait que l’article de Timnit Gebru « présentait des lacunes importantes qui nous empêchaient d’être à l’aise avec l’idée d’y associer le nom de Google ».

Des employés militants surveillés ?

Outre des explications sur cet article, les signataires de la lettre demandent un engagement « sans équivoque » de Google à respecter l’intégrité scientifique et la liberté académique. Militante pour plus de diversité, Timnit Gebru a cofondé le groupe « Black in AI », qui cherche à accroître la présence de personnes noires dans le domaine de l’IA.

Américaine d’origine éthiopienne, elle a étudié la propension des technologies de reconnaissance faciale à faire des erreurs d’identification de personnes de couleur. Son licenciement intervient alors que ce mercredi, une agence fédérale a demandé à Google de répondre à des accusations de surveillance de ses employés militants.

Par 20 Minutes avec agences