Paris Match Donald Trump invite à la Maison-Blanche l'avocate complotiste Sidney Powell

  
La campagne Trump avait pris ses distances d'avec Sidney Powell après ses accusations de complot ourdi par Hugo Chavez. Mais le président américain l'a invitée à la Maison-Blanche.

Deux soirs à la Maison-Blanche, à un mois de l'investiture de Joe Biden. Vendredi, Donald Trump a convié Sidney Powell, une avocate qui travaille pour faire annuler la victoire du démocrate. Selon le «New York Times», il aurait même envisagé de la nommer procureure spéciale pour enquêter sur ses accusations de fraude, que les tribunaux américains ont rejetées faute de preuve. Le choix aurait été étonnant puisque la campagne Trump avait pris ses distances d'avec l'ancienne avocate de Michael Flynn, après qu'elle a développé une théorie du complot sur le Venezuela et accusait le défunt Hugo Chavez d'être derrière la fraude électorale dénoncée par la campagne Trump. Elle a même accusé Brian Kemp, le très républicain gouverneur de Géorgie, d'avoir accepté un pot-de-vin de la part de Dominion, la société de logiciel dont Donald Trump est persuadé qu'elle a changé des millions de voix de ses électeurs en faveur de Joe Biden. Rudy Giuliani avait assuré, face au tollé, qu'elle n'était «pas une avocate pour le Président personnellement» et qu'elle «pratiquait le droit toute seule». Malgré ces discours étonnants, Sidney Powell a de nouveau été vue dimanche à la Maison-Blanche -mais elle ne s'y est pas entretenue avec Donald Trump.

Alors que le collège électoral a élu Joe Biden et que son investiture aura lieu le 20 janvier, Donald Trump se terre dans ses accusations de fraude, seule explication possible selon lui à la victoire du démocrate. Il s'entoure de personnes validant cette théorie, dont Sidney Powell, mais aussi son ancien client Michael Flynn : l'ex-conseiller à la sécurité nationale, gracié après avoir admis à deux reprises d'avoir menti aux agents du FBI sur ses liens avec l'ambassadeur russe durant la campagne, se trouvait lui aussi vendredi à la Maison-Blanche, dans une réunion avec Donald Trump. L'idée du général à la retraite : que le président américain proclame la loi martiale dans les États dont ils refusent les résultats. «S'il le voulait, dans les États-clés, il pourrait prendre les capacités militaires, les mettre en place dans ces États et ordonner une nouvelle élection dans chacun de ces États», a-t-il expliqué à l'antenne de la chaîne conservatrice Newsmax. Une proposition refusée «vigoureusement» par Mark Meadows et Pat Cipollone, le «chief of staff» et le conseiller juridique de la Maison-Blanche, selon le «Washington Post». «C'est en gros Sidney contre tout le monde. C'est pour cela qu'il y a eu des éclats de voix», a complété une source présidentielle auprès d'Axios. «Ce sont les défenseurs acharnés. C'est la seule chose qui unit les gens.»

Donald Trump a nié cette possibilité sur Twitter, écrivant dimanche : «Loi martiale = Fake News. Encore de fausses informations!», s'est-il plaint, après avoir lui-même tweeté samedi que «le mensonge de l'année est que Joe Biden a gagné!».

Une plainte en diffamation ?

Si Donald Trump a publiquement écarté l'option «loi martiale», il ne compte pas baisser les bras, malgré 60 défaites devant des tribunaux de plusieurs États et la Cour suprême -qu'il compte saisir à nouveau. Rudy Giuliani, rapporte CNN, a demandé au secrétaire à la Sécurité intérieure Ken Cuccinelli s'il était possible de saisir légalement les machines Dominion -ce qui n'est pas le cas. Ces accusations de fraude pourraient pourtant bien se régler en justice : Dominion et Smartmatic, une entreprise concurrente dont les services n'ont même pas été utilisés dans les États que les partisans du milliardaire estiment controversés, menacent de porter plainte pour diffamation contre la campagne Trump, Sidney Powell, mais aussi Fox (News et Business), Newsmax et OAN, quatre médias très conservateurs qui se sont fait l'écho de ces accusations. «Les accusations contre les deux entreprises sont totalement diffamatoires et ont sûrement nui à leurs finances et à leurs réputations», a estimé auprès du «New York Times» Floyd Abrams, avocat spécialisé dans le Premier amendement de la Constitution, garantissant la liberté de parole. 

Par  parismatch.com