La Corée du Nord envoie un message à Joe Biden quelques jours avant son investiture

Image des nouveaux missiles balistiques pouvant être lancés depuis un sous-marin (SLBM) présentés par la Corée du Nord. 
Le changement de présidence américaine représente un défi pour la Corée du Nord, et Kim Jong-un a appelé à un renforcement des capacités militaires nord-coréennes.

A quelques jours de l’investiture du président américain Joe Biden, la Corée du Nord lui a envoyé un message, jeudi 14 janvier. Le changement de présidence américaine représente un défi pour la Corée du Nord, alors que Joe Biden, qui a qualifié Kim Jong-un de « voyou » lors des débats présidentiels, est associé à l’approche de « patience stratégique » de l’administration Obama.

A l’occasion d’une immense parade militaire qui ponctuait le congrès du Parti des travailleurs, au pouvoir, au cours duquel le leader Kim Jong-un a décrit les Etats-Unis comme « le principal ennemi » de son pays, Pyongyang a fait défiler un nouveau missile balistique pouvant être lancé depuis un sous-marin (SLBM). Le congrès du Parti des travailleurs, qui a duré huit jours, était le premier depuis 2016. Il a servi de plate-forme au régime nord-coréen pour définir ses grandes lignes politiques pour les cinq prochaines années.

Des photos montrent au moins quatre missiles, dotés d’ogives noir et blanc, défilant au milieu de la foule, qui agite des drapeaux. « Les missiles balistiques lancés par un sous-marin, l’arme la plus puissante du monde, sont entrés sur la place l’un après l’autre, démontrant la puissance des forces armées révolutionnaires », a commenté l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Renforcement des capacités militaires nord-coréennes

Lors du congrès, Kim Jong-un a déclaré que le Nord avait achevé les plans d’un sous-marin nucléaire, mais un tel bâtiment ne sera probablement pas fonctionnel avant des années. Il a appelé à un renforcement des capacités militaires nord-coréennes, selon des propos rapportés par KCNA.

La parade a aussi présenté des fusées ayant « une capacité de frappe puissante pour anéantir totalement les ennemis de manière préventive en dehors du territoire », a précisé l’agence KCNA. Ce type d’expression sous-entend que les armes ont une portée qui s’étend au-delà de la péninsule coréenne, et pourraient au moins atteindre le Japon.

Contrairement à ce qui avait eu lieu lors du défilé de l’automne 2020, aucun missile balistique intercontinental (ICBM) n’a été présenté jeudi. Ce type de missile, qui peut être équipé d’une tête nucléaire, serait capable d’atteindre les Etats-Unis. Ces derniers comptent 28 500 soldats en Corée du Sud pour la défendre contre son voisin, et ont également une présence militaire significative au Japon.

Après avoir échangé insultes et menaces de guerre nucléaire, Kim Jong-un et le président américain Donald Trump ont opéré un extraordinaire rapprochement, marqué par des rencontres aussi historiques que symboliques.

Mais aucun progrès n’a été réalisé concernant l’épineux dossier des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang. Et les négociations sont au point mort depuis l’échec retentissant du deuxième sommet entre les deux hommes, à la fin de février 2019 à Hanoï.

Par Le Monde avec AFP et Reuters