Le « parrain » de la drogue en Asie, Tse Chi Lop, arrêté à Amsterdam

Une image non datée du Sino-Canadien Tse Chi Lop, l’un des trafiquants de drogue les plus recherchés au monde. 
L’Australie, où son organisation criminelle écoule une grande partie des drogues de synthèses fabriquées en Birmanie, avait déposé un avis de recherche auprès d’Interpol.

Fin de cavale pour le « boss » : l’un des trafiquants de drogue les plus recherchés au monde a été arrêté vendredi 22 janvier à l’aéroport d’Amsterdam. Tse Chi Lop, âgé de 56 ans, s’apprêtait à embarquer pour le Canada, dont ce natif de la province de Canton possède la nationalité.

Le baron de la « meth » (méthamphétamine, l’une des drogues de synthèse les plus vendues dans les pays occidentaux) était recherché par Interpol à la demande de l’Australie, pays qui serait pour Sam Gor, nom de l’organisation de l’énigmatique M. Tse, l’une des principales cibles d’écoulement de la drogue dans la région Asie-Pacifique : rien que dans la grande île, la « Compagnie », autre surnom de la même organisation, engrangerait des profits annuels de l’ordre de 18 milliards de dollars (près de 15 milliards d’euros)…

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Souvent comparé dans la presse à El Chapo, le célèbre narco mexicain, la personnalité de Tse Chi Lop diffère cependant en tout avec celle de son « confrère » latino-américain : le Sino-Canadien est un homme discret, qui partageait son temps entre Taïwan, Hongkong et, parfois la Thaïlande. On ne le voyait jamais dans le « Triangle d’or », région de laboratoires clandestins des drogues de synthèse situés aux confins birmans, thaïs et laotiens, qui était cependant le lieu central de production et d’achats de la « Compagnie ».

Huit ans de prison aux Etats-Unis

Celui que son entourage surnomme « Frère numéro 3 » est lié aux triades de Hongkong et avait pu échapper à toutes les polices après avoir purgé une peine de prison de huit ans aux Etats-Unis, pour trafic de drogue : libéré en 2008, il disparut alors des radars même si les agences antidrogues finiront, au fil des ans, à rassembler les pièces d’un puzzle complexe d’où émerge l’image en demi-teinte d’un « boss » mystérieux et puissant.

Certains experts doutaient parfois de son existence ou relativisaient son importance dans la galaxie des mafias asiatiques. A Bangkok, le représentant de l’Office des Nations unies pour la drogue et le crime, Jeremy Douglas, confiait à l’été 2020 au Monde que si Tse Chi Lop « n’est peut-être pas le chef de la seule organisation mafieuse produisant et trafiquant des drogues synthétiques made in Myanmar [nom actuel de la Birmanie], il est certainement le chef de la plus grande d’entre elles ».

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LE MONDE