Pays-Bas : le Premier ministre démissionne après un scandale sur les aides sociales

 Pays-Bas : le Premier ministre démissionne après un scandale sur les aides sociales 
Le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, a annoncé, vendredi, la démission de son gouvernement, suite à un scandale autour des aides sociales à l’enfance. Selon un rapport parlementaire, des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude.

Des milliers de familles poussées à la ruine par une administration défaillante. Suite à la parution d’un rapport parlementaire dénonçant de graves dysfonctionnements sur la gestion des aides familiales, le Premier ministre des Pays-Bas a annoncé, vendredi 15 janvier, la démission de son gouvernement.

"L'État de droit doit protéger ses citoyens d'un gouvernement tout puissant. Cela a échoué d'une manière horrible", a déclaré Mark Rutte au cours d'une conférence de presse, confirmant avoir présenté sa démission au roi Willem-Alexander.

Des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux allocations familiales, avant d'être contraintes à les rembourser, ce qui a plongé une partie d'entre elles dans de graves problèmes financiers. Nombre d'entre elles ont en outre fait l'objet d'un profilage ethnique sur la base de leur double nationalité.

Scandale de fraudes aux Pays-Bas : démission du Premier ministre Mark Rutte

Les quatre partis du centre et de la droite au pouvoir s'étaient réunis plus tôt pour discuter d'une éventuelle démission, alors que Mark Rutte, Premier ministre depuis 2010 et l'un des dirigeants européens depuis le plus longtemps en poste, avait précédemment annoncé qu'il briguerait un quatrième mandat.

Un rapport d'enquête parlementaire, publié en décembre, a établi que des fonctionnaires ont mis fin aux allocations de milliers de familles accusées à tort de fraude entre 2013 et 2019, avant de les contraindre à restituer de façon rétroactive celles perçues sur plusieurs années, soit dans certains cas des dizaines de milliers d'euros.

L'affaire survient deux mois avant des élections législatives, prévues le 17 mars, et en pleine crise sanitaire, les Pays-Bas connaissant les restrictions les plus sévères imposées depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Mark Rutte s'était auparavant opposé à la démission de sa coalition, affirmant que le pays a besoin d'un gouvernement décisionnaire pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Il avait ajouté, mardi, souhaiter que son gouvernement, démissionnaire ou non, continue à pouvoir prendre des décisions sur la gestion de la crise sanitaire jusqu'aux élections.

Par France 24 Avec Reuters et AFP

 

De hauts responsables politiques, dont plusieurs ministres en fonction, sont accusés d'avoir préféré fermer les yeux sur des dysfonctionnements dont ils avaient connaissance.