Télécoms: en Chine, la part de marché de Huawei s’effondre

 Télécoms: en Chine, la part de marché de Huawei s’effondre 
2020 est une année à oublier pour Huawei puisque la part de marché du géant chinois des télécommunications s’est effondrée sur le marché local des smartphones au dernier trimestre, selon des chiffres publiés jeudi par le bureau d'études Canalys. C’est la conséquence des sanctions américaines à l’encontre du géant chinois.  

Spécialiste de la technologie 5G et deuxième fabricant mondial de téléphones portables, Huawei vacille. Les effets des sanctions américaines à son encontre se font sérieusement sentir même sur le marché chinois.

Au dernier trimestre 2020, les ventes de Huawei en Chine ont enregistré une baisse de 44% sur un an et sa part de marché dans le pays s’est réduite à 22%, contre 38% fin 2019. « Il s'agit probablement de la période la plus difficile pour Huawei, qui ne peut même plus honorer les commandes sur son marché intérieur » du fait des sanctions américaines, relève l'analyste de Canalys, Nicole Peng.

Seule consolation, Huawei garde sa place de premier vendeur de smartphones sur le marché local, talonné de près par deux autres fabricants chinois, Oppo et Vivo. L'américain Apple est quatrième et réalise « sa meilleure performance en Chine depuis des années », selon Canalys.

Sur l’ensemble de l’année 2020, le groupe conserve une confortable avance sur ses concurrents en Chine.

Huawei toujours sur liste noire

Accusé d'espionnage potentiel au profit de Pékin, ce dont le groupe se défend, Huawei a été placé sur liste noire sous l’administration Trump, il y a deux ans. Une manière de l'empêcher d'acquérir des technologies américaines indispensables à ses téléphones.

Depuis septembre, Huawei ne peut par exemple plus équiper ses appareils haut de gamme en nouvelles puces Kirin, que le groupe n'a pas les capacités de remplacer en interne. La firme n'a pas non plus accès aux mises à jour d'Android, le système d'exploitation de l'américain Google, ultra dominant sur les téléphones.

Le géant chinois devrait rester dans le collimateur de Washington puisque mercredi, la Maison Blanche a dit que l’administration Biden allait œuvrer à protéger les réseaux de télécommunications américains des « fournisseurs non fiables » comme Huawei, qui menacent la sécurité nationale des États-Unis. Mais la veille, Gina Raimondo, choisie par Joe Biden pour prendre la tête du département du Commerce, avait refusé de s'engager à maintenir Huawei sur la liste noire.

Mis en difficulté par les sanctions américaines, Huawei a été contraint de vendre en novembre sa marque de smartphones entrée de gamme, Honor. En début de semaine, Huawei a démenti vouloir se séparer du reste de ses activités smartphones.

Par  RFI