Couples mythiques : Elizabeth Taylor et Richard Burton, l’amour jusqu'à la lie

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Ils étaient beaux, riches et immensément célèbres. Ils étaient aussi alcooliques, orageux et désabusés. Mais ils étaient surtout follement amoureux l’un de l’autre. Ce 27 février, l'actrice – décédée en 2011 – aurait fêté ses 89 ans. Retour sur sa passion avec son compagnon, qui règne aujourd’hui encore sur les imaginaires.

L’alcool, ce mauvais compagnon

Durant plus d’une décennie, le couple oscillera ainsi comme un pendule, entre conflits et réconciliations, le tout généreusement arrosé d’alcool, qu’ils consommaient tous deux jusqu’à la déraison. Une addiction dont Richard Burton finira d’ailleurs par s’inquiéter : "Ce serait terrifiant de passer le reste de nos vies dans une hébétude alcoolisée. […] Ne jamais savoir ce qu'on a dit ou fait la veille, ou ce qu'on a lu, que ce soit sage ou idiot, en retard ou trop tôt."

Un amour impérial

Elizabeth Taylor et Richard Burton se rencontrent pour la première fois sur le tournage pharaonique – dans tous les sens du terme – de Cléopâtre, en 1961. Alors que la jeune femme campe le rôle de la célèbre reine égyptienne et son partenaire celui de Marc-Antoine, la réalité a tôt fait de rattraper la fiction, et les deux célébrités entament une liaison. Laquelle défraie la chronique à l’époque. Et pour cause : les amants sont toujours mariés, l’une au chanteur Eddie Fisher (son quatrième mari), l’autre à la mère de ses deux filles, Sybil Williams. Même le Vatican y va de sa condamnation, qualifiant cette idylle de "vagabondage érotique".

(Paul Schutzer / John Springer Collection/Getty Images)
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Un premier mariage

Après deux années de passion prohibée par les bonnes mœurs, la déesse aux yeux violets et son amant décident d’arrêter de vivre dans le pêché et quittent leurs conjoints respectifs. Ils se marient dans la foulée, le 15 mars 1964, à Montréal. Une destination qui n’a pas été choisie par hasard, les lois sur le divorce et le remariage étant plus favorables au Canada qu’aux États-Unis ou en Angleterre. Une (première) union va durer plus de dix ans.

(Express/Express/Getty Images)
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Deux stars planétaires

Si les médias conservateurs ne pardonnent pas au couple sa licence, le public, lui, l’adule. Chacune de ses sorties, même la plus anodine, provoque un attroupement, et les demandes d’autographes se multiplient comme les dollars sur leur compte en banque. Une fortune telle que leur comptable finira par dire que les deux acteurs génèrent au bas mot "l'activité économique d'un petit État africain". De quoi orner les murs de leurs (nombreuses) résidences à travers le monde de Picasso, Van Gogh, et autres grands maîtres. Une vie simple, en somme.

Diamant 69 carats

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les comédiens mènent la grande vie, et sont sensibles à tout ce qui brille. Surtout l’actrice, à laquelle Richard Burton ne manque pas une occasion d’offrir les bijoux les plus extravagants. Ainsi en mai 1968, l’acteur achète-t-il le diamant Krupp de 33,19 carats contre 305 000 dollars, avant de jeter son dévolu sur une bague en diamants à 127 000 livres. "Simplement parce que c'était un mardi. J'aime être excessif avec Beth", consigne­-t-­il dans ses car­nets. Une autre fois, c'est une bague à plus d’un million de dollars. "J'ai réussi à obtenir ce satané caillou", écrit-­il alors. Le diamant Taylor­ Burton, de 69,42 carats, estimé aujourd'hui à 70 millions de dollars, sera malgré tout sa plus grande folie.

(Express Newspapers/Hulton Archive/Getty Images)
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Le succès décomplexé

Jamais blasées de leur réussite commune – ils tourneront ensemble dans onze films, tous des succès –, les tourtereaux jouissent sans entrave des plaisirs que leur notoriété leur offre. Quand ils ne bronzent pas sur le pont de leur yacht de 40 mètres de long, ils côtoient les grands de tous les mondes, du prince Rainier et Grace de Monaco, en passant par Guy et Marie-­Hélène de Rothschild, Marlon Brando ou Sinatra. Une existence oisive dont ils profitent sans honte. "Nous sommes deux gros fainéants. Et ça nous plaît", écrit Richard Burton entre deux cocktails.

(Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images )
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"Une amante­-maîtresse incroyablement excitante"

En 2012 paraîtra le journal intime que Richard Burton a tenu entre 1965 et 1971. L’amour fou qu’il éprouve pour Elizabeth Taylor y transparaît à chaque page ou presque. "J'aime tellement cette femme parfois que je n'arrive pas à croire à la chance que j'ai. Elle m'a tellement apporté", jure­-t-­il, s'in­quiétant à plusieurs reprises de la perdre. Il décrit sa bien­aimée comme "une amante­-maîtresse incroyablement excitante, timide et pleine d'esprit […] une actrice brillante, belle au-delà des rêves d'un pornographe". De son côté, Elizabeth, qui écrit parfois dans le journal de son mari, se montre un peu moins lyrique : "Époux gentil avec moi. […] M'a gâtée comme un fou ! J'adore ça !".

Admiratif… Mais pas toujours tendre

Souvent charmant, Richard Burton trempe parfois sa plume dans un encre plus acide. Si ses contemporains en prennent pour leur grade – il compare notamment Andy Warhol à un essai raté de chirurgie esthétique – sa chère et tendre n’échappe pas non plus à son humour cynique et décapant. "E. est rentrée du travail essorée comme une chaussette et bourrée comme un cosaque", note-t-il ainsi entre deux mentions des hémorroïdes de la comédienne. Des traits d’esprit qui en disent longs sur le caractère conflictuel de leur relation. Les deux stars ont beau s’aimer d’un amour passionnel, celui-ci n’est en effet pas de tout repos…

Des disputes homériques

Les disputes sont fréquentes entre les amoureux, excessifs en tout. Dans son journal intime, Richard Burton relate d’ailleurs l’une d’entre elles, survenue en 1966. "Pendant le déjeuner, j’étais tellement exaspéré que j'ai quitté la table, en râlant : 'Tu m’excuseras, je suis de mauvaise humeur'. Shumdit a répondu avec son immense tact naturel : 'Vraiment, Richard ?' J’ai de nouveau grogné quelque chose de spirituel comme : 'Ferme ta gu*ule', et suis allé marcher, furieux, avec E’en So [leur chien, ndlr.]. Quand je suis rentré, j'ai embrassé Shumdit mais elle a recommencé à m’agresser. Ensuite, nous nous sommes embrassés et ça s’est arrangé." Leur relation semble fonctionner de cette manière, aux disputes incendiaires succédant invariablement des retrouvailles incandescentes.

(Express/Hulton Archive/Getty Images)
(Express/Hulton Archive/Getty Images)

Divorce, (re)mariage… Et (re)divorce

Les années ne tempérant pas leurs caractères, les tourtereaux finissent par divorcer après 13 années d’idylle orageuse… Avant de se remarier l'année suivante, incapables de se séparer l’un de l’autre. Le 6 octobre 1975, depuis Johannesburg, Richard Burton consigne : "Quand elle a dit qu'on devrait se marier à Chobe cette semaine, j'ai pensé qu'elle plaisantait. Mais elle était sérieuse. (…) Je lui ai dit que j'avais peur (…) que notre (re)mariage se solde par un divorce." Dès le lendemain, l’acteur cédera pourtant à ce nouveau caprice. "Nous avons décidé de nous marier ici dès que possible (…) Je l’aime plus que tout et par-dessus tout." Trois jours plus tard, l’excitation n’est manifestement pas retombée : "Nous nous sommes honteusement bourré la gu*ule, et malgré toutes mes idioties – méchantes parfois – nous sommes heureux comme des enfants. (…) C'est beaucoup mieux que le premier mariage malgré ses débuts ridicules (et dangereux)." Beaucoup mieux, peut-être, mais pas plus durable : l’année suivante, les éternels amants divorcent de nouveau, le 29 juillet 1976.

(Robert Rosamilio/NY Daily News Via Getty Images)
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Désespoir et décès

Dans les années suivantes, Elizabeth Taylor enchaîne les maris mais aucun d’eux n’égale à ses yeux son ex-mari. En 1983, elle retrouve ce dernier dans une production de Broadway, Private Lives. À cette époque, il est en couple avec Sally Hay, qui deviendra sa dernière épouse, et Liz traverse une bien sombre période. "Elle boit encore. Que du vin, dit-elle. Elle n’arrivait même pas à lire (le script) correctement, se désole le comédien pendant les répétitions. (…) Elle me dit toutes les demi-heures à quel point elle est seule." Désespérée, l’actrice ira jusqu’à supplier son ancien partenaire de ne pas épouser sa fiancée. Cette fois-ci pourtant, il tiendra bon et se mariera au mois de juillet 1984. Un mois après malheureusement, il mourra dans son sommeil des suites d'une hémorragie cérébrale, à 58 ans à peine.

(Keystone/Getty Images)
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Une lettre d’amour éternelle

En dépit de ses nombreux amants (et maris), Elizabeth Taylor demeurera inconsolable jusqu’à sa mort en 2011. Longtemps, elle chérira la dernière lettre envoyée, seulement quelques jours avant sa disparition, par l’amour de sa vie. "J’aurais épousé Richard une troisième fois", avait-elle confié au Daily Mail en 2009. Seule la mort, vraiment, pouvait les séparer…

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