Covid-19 : l'OMS tente de calmer les inquiétudes concernant l'efficacité du vaccin AstraZeneca

 Covid-19 : l'OMS tente de calmer les inquiétudes concernant l'efficacité du vaccin AstraZeneca
Suite aux appréhensions concernant le vaccin Oxford/AstraZeneca contre la covid-19, après des essais effectués en Afrique du Sud sur son efficacité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) essaye de rassurer l’opinion publique.

Au cours d'une conférence de presse, le mercredi 10 février 2021, à Genève, le président du Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS, Dr Alejandro Cravioto, a déclaré que « même si un variant circule dans un pays, nous ne voyons aucune raison pour l'instant de ne pas utiliser le vaccin d’AstraZeneca comme indiqué, pour pouvoir réduire les niveaux de maladie grave ».

Cette tentative du groupe d'experts de l'OMS de rassurer l’opinion publique concernant le vaccin Oxford/AstraZeneca intervient après que des essais effectués en Afrique du Sud ont mis en doute son efficacité.

Le 7 février, en effet, les autorités sud-africaines ont annoncé la suspension du déploiement du vaccin après des essais menés par l’Université de Witwatersrand à Johannesburg auprès de 2000 participants proches de l’âge de 31 ans sur son efficacité contre le variant 501Y.V2 du SARS-coV-2 (le virus à l’origine de la covid-19) identifié pour la première fois dans le pays.

Les données des essais avaient montré que le vaccin élaboré par le groupe britannique AstraZeneca avec l'Université d'Oxford n'offrait qu'une protection limitée contre les maladies bénignes causées par le variant sud-africain.

Les autorités sud-africaines qui étudient même la possibilité de revendre leurs doses du vaccin ont préféré ceux développés par Johnson & Johnson (J&J) et Pfizer.

Tentant de minimiser la pertinence des essais menés en Afrique du Sud, la responsable de la vaccination à l’OMS, Dr Kate O’Brien, a déclaré lors de la conférence que les résultats de cette étude étaient « peu concluants, bien que démontrant une faible efficacité contre les formes légères et modérées de la maladie ».

Le plus important est « l'absence de preuves de cette étude sur l'efficacité du produit d’AstraZeneca contre les formes graves de la maladie, les hospitalisations et les décès », a-t-elle soutenu.

Selon le président du SAGE, le vaccin doit être administré en deux doses aux personnes de plus de 18 ans « sans limite d'âge supérieure », dans un intervalle entre la première et la deuxième dose idéalement de 8 à 12 semaines, pour assurer une réponse immunitaire accrue.

Pour sa part, la scientifique en chef de l'OMS, Dr Soumya Swaminathan, a encouragé les pays à utiliser le vaccin AstraZeneca. Pour « la grande majorité des pays qui attendent toujours, d'introduire un vaccin, et ce vaccin est peut-être le premier, les avantages l'emporteront certainement largement sur les risques », a-t-elle déclaré.

Alors qu’une partie de l’opinion publique, particulièrement en Afrique, semble déjà réticente au sujet des vaccins contre la covid-19, la polémique ainsi créée autour de l’efficacité du produit d’Oxford/AstraZeneca risque de porter un autre coup dur à la campagne de vaccination de masse contre la pandémie qui se prépare sur le continent.

Borgia Kobri

Par Agence Ecofin