Iran : ce que l'on sait du Français détenu sans explication

  
La confirmation a été donnée mercredi par le ministère des Affaires étrangères, l’Iran retient prisonnier un Français depuis mai 2020. Sans explication. Que sait-on de lui ?

Il s’agirait du deuxième ressortissant français à vivre derrière les barreaux iraniens. La chercheuse Fariba Adelkrah, ayant les deux nationalités, est en effet détenue depuis juin 2019 (elle est assignée à résidence avec bracelet électronique depuis octobre dernier).

Un trentenaire qui faisait le tour du pays en van

L’homme serait âgé de 35 ans, et est décrit par Le Point comme étant un touriste. Il se serait fait arrêter il y a neuf mois dans une zone de désert, près de la frontière avec le Turkménistan. Il devait faire le tour de l’Iran en van. Une information donnée par Le Figaro laisse entendre qu’il manipulait un drone, au moment de son arrestation.

Le trentenaire serait retenu prisonnier dans le centre de Vakilabad, à Machlad, dans le nord-est du pays, selon Le Point.

Des contacts avec l'ambassade et sa famille

Le ministère des Affaires étrangères a précisé qu’il bénéficiait de la protection consulaire de la Convention de Vienne, permettant de vérifier les conditions de sa détention, son état de santé et son accès à un avocat. Des visites ont ainsi pu lui être rendues «et des contacts réguliers sont maintenus avec lui par notre ambassade à Téhéran et avec sa famille par nos services à Paris», a-t-il informé.

Selon un proche, le prisonnier serait en bonne santé a pu communiquer trois fois avec sa famille.

«Des accusations contradictoires et fausses»

L’avocat Saïd Dehghan, qui a par ailleurs défendu Farida Adelkah, affirme que le Français est «détenu illégalement depuis environ neuf mois (et) fait face à des accusations contradictoires et fausses». Un proche cité par Le Point confirme en expliquant que «les autorités n’ont pas fourni le moindre dossier ni la moindre explication sur sa détention».


Dans un contexte international déjà très tendu avec l’Iran, autour du nucléaire et des sanctions prises à son encontre, le sort des deux Français pourrait avoir un lien avec le diplomate iranien Assadollah Assadi, avancent certains observateurs. Ce dernier a été condamné à 20 ans de prison en Belgique, le 4 février, pour un projet d’attentat contre un rassemblement d’opposants au régime de Téhéran.

Par Tanguy Hamon

CNEWS