La Reine Elizabeth a tenté de garder sa fortune personnelle secrète

  
La reine d'Angleterre fragilisée. Après avoir mis la main sur une série de documents oubliés dans les archives nationales, le quotidien The Guardian affirme, dans une enquête publiée dimanche 7 février, qu'Elizabeth II a fait pression sur le gouvernement britannique, dans les années 1970, pour protéger sa fortune privée des regards indiscrets.

Concrètement, la souveraine, âgée aujourd'hui de 94 ans, aurait, via ses avocats, fait du lobbying auprès de plusieurs ministres.

Une action qui aurait été visiblement couronnée de succès, puisque ces derniers ont ensuite fait modifier un projet de loi sur la transparence.

Ainsi, selon le Guardian, Elizabeth II et ses avocats ont pu être informés à l'avance des projets de loi entrant au parlement, ce qui, par extension, aurait permis de protéger les intérêts de la reine et de garder ses diverses participations secrètes.

Surtout, l'accord conclu au début des années 1970 sous le gouvernement d'Edward Heath (décédé en 2005, NDLR) aurait fait en sorte que les intérêts financiers de la reine puissent être dissimulés dans une société-écran soutenue par l'État britannique.

En clair, ce montage, qui aurait fonctionné au moins jusqu'en 2011, aurait permis à Elizabeth II de procéder à plusieurs investissements et dépenses privées sans aucun contrôle.

Une fortune qui se compterait en plusieurs millions de livres

Des opérations par ailleurs difficilement chiffrables, dans la mesure où, comme le rappelle justement Le Point, la véritable ampleur de la richesse de la monarque n'a jamais été révélée, même si elle est estimée à des centaines de millions de livres.

Comme l'explique encore l'hebdomadaire français, tout cela a été rendu possible par une obscure procédure parlementaire, connue sous le nom de «Queen's Consent» (le « consentement de la reine »).

Cette convention oblige les ministres à alerter la reine lorsque la modification imminente de la législation est susceptible d'impacter les intérêts privés de la couronne.

Elle autorise également la reine à mettre son véto et empêcher le parlement d'approuver un projet de loi, ce qu'Elizabeth II ne s'est pas privée de faire dans le cadre de cette loi sur la transparence des entreprises.

Sollicité par le Guardian, Thomas Adams, expert en droit constitutionnel à l'Université d'Oxford, a d'ailleurs déclaré que la procédure de consentement semblait avoir donné à la reine une «influence substantielle» sur les projets de lois qui pourraient l'affecter.

A la lumière de cette enquête, se pose maintenant la question, estime le journal britannique, de l’impartialité de la monarque, pierre angulaire de la constitution.

Celle-ci tient-elle toujours compte tenu de l’utilisation par la reine d’un pouvoir qui remonte au 18e siècle ? s'interroge encore le journal.

Un véritable pavé dans la mare lorsque l'enquête montre encore que la reine est toujours consultée sur les projets de loi qui affectent la Couronne et ses intérêts privés, y compris les modifications des subventions agricoles et le projet de loi sur le Brexit.

Par CNEWS