La sonde spatiale chinoise "Tianwen-1" se place en orbite autour de Mars

 Une fusée transportant un orbiteur, un atterrisseur et un rover dans le cadre de la mission Tianwen-1 vers Mars, décolle du centre de lancement spatial de Wenchang, dans le sud de la Chine, le 23 juillet 2020. 
La Chine a annoncé, mercredi, avoir réussi à placer sa sonde "Tianwen-1" en orbite autour de la planète Mars, une première pour le pays asiatique, qui ambitionne désormais de rattraper son retard dans la compétition spatiale menée par les États-Unis.

Après les Émirats arabes unis mardi, la Chine. Pékin a annoncé, mercredi 10 février, avoir réussi à placer sa sonde "Tianwen-1" en orbite martienne, une première pour le pays, qui ambitionne désormais de faire débarquer un petit robot sur la planète rouge.

"Le freinage (de la sonde) a réussi" et "sa mise en orbite martienne est un succès", a indiqué l'agence spatiale chinoise (CNSA) mercredi dans un communiqué.

"Tianwen-1" avait été lancée le 23 juillet depuis l'île tropicale de Hainan, dans le sud de la Chine, durant une fenêtre de tir permettant de réduire la distance du voyage Terre-Mars.

Les Émirats arabes unis et les États-Unis avaient également profité de cette période pour lancer leurs propres sondes vers la planète rouge, à quelques jours d'intervalle.

 Depuis son lancement, la sonde chinoise a "parcouru une distance d'environ 475 millions de kilomètres et se trouve à environ 192 millions de kilomètres de la Terre", a souligné la CNSA. 

"Plus complexes"

La mission est nommée "Tianwen-1" ("Questions au ciel-1") en hommage à un poème de la Chine ancienne qui traite d'astronomie.

La sonde avait pris la semaine dernière sa première photo de Mars: un cliché en noir et blanc qui montrait des canyons, un cratère et une plaine de la planète rouge.

"Tianwen-1" est en fait composée de trois éléments: un orbiteur (qui restera à tourner autour de l'astre), un atterrisseur (qui devrait se poser sur Mars) et un robot téléguidé.

D'un poids de plus de 200 kilos, ce dernier devra conduire des analyses du sol, de l'atmosphère, prendre des photos ou encore contribuer à la cartographie de la planète rouge.

"L'atterrissage sur Mars est prévu entre mai et juin 2021", a précisé la CNSA.

À la différence du placement sur orbite de mercredi, les étapes suivantes de la mission "seront bien plus exigeantes", souligne Chen Lan, analyste du site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

"Les procédures et les opérations sont plus complexes, car l'atmosphère et la surface de Mars sont encore très peu connues. Tout particulièrement pour les Chinois", souligne-t-il.

La Chine avait déjà essayé d'expédier une sonde vers Mars en 2011 lors d'une mission commune avec la Russie. Mais la tentative avait capoté et Pékin avait ensuite décidé de poursuivre l'aventure seul.

Première mondiale

Ambitieux, les Chinois espèrent faire lors de cette première tentative indépendante tout ce que les Américains ont réalisé en plusieurs missions martiennes depuis les années 1960.

C'est-à-dire placer une sonde en orbite, poser un atterrisseur, puis en faire sortir un robot téléguidé. Réaliser ces trois opérations lors d'une mission inaugurale vers Mars

La Chine investit des milliards d'euros dans son programme spatial, afin de rattraper les Européens, les Russes et les Américains.

Le géant asiatique avait envoyé son premier astronaute dans l'espace en 2003.

La Chine avait frappé un grand coup début 2019 en faisant atterrir un engin sur la face cachée de la Lune -- une première mondiale.

Elle lance également d'innombrables satellites, pour son compte ou celui d'autres pays. Et vient d'achever en 2020 la constellation de son système de navigation Beidou, rival du GPS américain.

Enfin, les Chinois prévoient d'assembler une grande station spatiale, a priori d'ici 2022, et d'envoyer des hommes sur la Lune à l'horizon 2030.

Par France 24 Avec AFP