Libéré après 68 ans de prison, il est "surpris" par un monde nouveau

 États-Unis : libéré après 68 ans de prison, il est "surpris" par un monde nouveau 
Condamné à l‘âge de 15 ans pour meurtre en 1953 à Philadelphie, Joseph Ligon a été libéré la semaine dernière après des décennies passées derrière les barreaux. Celui qui a toujours clamé son innocence savoure sa liberté à 83 ans.
 

C‘est un homme à la silhouette élancée et aux cheveux désormais blancs qui est sorti jeudi dernier de la prison de Phoenix, dans l'Arizona (Etats-Unis). Joseph Ligon a passé 68 ans derrière les barreaux pour un meurtre qu’il aurait commis alors qu’il était âgé de 15 ans.

Au moment des faits, le 20 février 1953, un mois après l'accession au pouvoir du président Eisenhower, Joseph Ligon passe la soirée avec quatre autres jeunes. Mais la soirée dérape et les adolescents volent et poignardent plusieurs personnes dans les rues de Philadelphie. Deux victimes décèdent : Charles Pitts et Jackson Hamm.

Une proposition de liberté refusée

Joseph Ligon est alors reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité. Lui reconnaît sa participation aux événements mais nie avoir participé aux meurtres.

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En 2012, la Cour suprême des États-Unis a décrété que toutes les peines à perpétuité infligées à des mineurs étaient cruelles et inconstitutionnelles. Après avoir passé 50 ans en prison, la justice américaine a donc proposé à Ligon une libération conditionnelle. Il refusera.

« Je voulais être libre, mais avec la libération conditionnelle, vous devez rendre des comptes, vous ne pouvez pas quitter la ville sans une autorisation. Et pour moi, cela fait partie de la liberté », a-t-il expliqué au Philadelphia Inquirer.

Un monde nouveau

La vraie liberté, enfin retrouvée le 11 février dernier, Joseph Ligon, 83 ans, doit maintenant vivre dans une société qui a littéralement changé.

« Il est très heureux et étonné de tous les changements survenus à Philadelphie depuis 1953. Il est particulièrement étonné par les grands buildings », raconte Eleanor Myers, sa conseillère sociale au Daily Mail.

Interrogé par la presse américaine, Joseph Ligon a expliqué s’être préparé à sa libération et avoir vu les changements survenus dans notre société à la télévision quand il était en prison. « Tout cela est nouveau pour moi, mais j’ai de la chance ».

Si la plupart des personnes qu’il connaissait sont décédées, il a pu prendre contact avec certains membres de sa famille. Joseph Ligon a également été pris en charge par une association venant en aide aux sans-abri et bénéficie de soins pendant une année. Le temps pour lui de prendre ses marques et savourer sa liberté. 

Source: leprogres.fr