Pékin arrête une journaliste australienne pour atteinte à la sécurité nationale

 La journaliste Cheng Lei a été officiellement arrêtée par la Chine, ont annoncé les autorités australiennes, lundi 8 février. 
Accusée d'avoir "fourni illégalement des secrets d'État à l'étranger" selon Pékin, la présentatrice australienne de la chaîne chinoise CGTN, Cheng Lei, a été officiellement placée en détention par Pékin, a annoncé Canberra lundi. Cette arrestation s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et l'Australie.  

Une présentatrice australienne de la chaîne chinoise anglophone CGTN a été officiellement arrêtée et accusée de "divulgation de secrets d'État à l'étranger", a annoncé Canberra, lundi 8 février, six mois après son placement en détention.

La ministre des Affaires étrangères australienne, Marise Payne, a indiqué avoir été informée le 5 février par les autorités chinoises de l'arrestation de Cheng Lei, détenue sans aucune explication depuis août. 

Cette mère de deux enfants est accusée d'avoir "fourni illégalement des secrets d'État à l'étranger", a précisé Marise Payne dans un communiqué.

Cheng Lei, une présentatrice connue de la chaîne de télévision publique CGTN, réalisait des interviews de chefs d'entreprise du monde entier pour des émissions de dirigeants internationaux. 

Née dans la province du Hunan, elle avait émigré en Australie au cours de son enfance avant de retourner en Chine et d'être embauchée par la télévision publique en 2012.

Cheng Lei menacée par une lourde peine

Si elle est reconnue coupable d'avoir enfreint les lois chinoises sur la "sécurité nationale", elle sera condamnée à une lourde peine.

Sa nièce Louisa Wen a affirmé à la télévision australienne ABC que, dans "cette affaire, sa famille ne comprend rien".

Selon elle, la situation est tout particulièrement "difficile" pour la fille de la présentatrice, âgée de 11 ans et pour son fils de 9 ans. 

Cette journaliste a été placée en détention dans un contexte de tensions bilatérales grandissantes entre Pékin et Canberra. 

Les relations diplomatiques s'étaient nettement dégradées au début de l'année 2020 après l'appel lancé par Canberra pour une enquête internationale sur l'origine du nouveau coronavirus, repéré pour la première fois dans la ville chinoise de Wuhan.

L'Australie reproche également à Pékin son influence grandissante en Asie-Pacifique et ses ingérences présumées dans les affaires australiennes.

La Chine a pris toute une série de mesures de rétorsion économique à l'encontre de plus d'une dizaine de produits australiens, notamment l'orge, le bœuf, le vin et le charbon.

Le placement en détention de Cheng Lei est intervenu quelques semaines après des perquisitions aux domiciles de journalistes travaillant pour des médias d'État chinois. 

Une arrestation qui inquiète les autorités australiennes

Deux journalistes australiens Bill Birtles et Mike Smith sont rentrés précipitamment en septembre dans leur pays après avoir été interrogés au sujet de Cheng Lei.

Selon Marise Payne, des diplomates australiens ont rendu visite à la présentatrice six fois depuis son arrestation, la dernière fois remonte au 27 janvier. 

"Le gouvernement australien a régulièrement fait part, au plus haut niveau, de ses graves inquiétudes concernant la détention de Cheng Lei, notamment en ce qui concerne son bien-être et ses conditions de détention", a souligné la ministre.

"Nous comptons sur le fait que les principes fondamentaux de justice, d'équité procédurale et de traitement humain soient respectées, conformément aux règles internationales".

Cheng Lei est la deuxième citoyenne australienne de premier plan à être détenue par la Chine après l'arrestation de l'écrivain Yang Hengjun en janvier 2019, soupçonné d'espionnage.

Son placement en détention avait suscité l'émoi au sein de la communauté des journalistes étrangers en Chine. 

Elle avait notamment écrit des messages sur Facebook dans lesquels elle critiquait le président chinois Xi Jinping et la gestion de l'épidémie de coronavirus par Pékin.

Par FRANCE 24  Avec AFP