Covid-19 : confinement, couvre-feu, écoles… Où en sont nos voisins européens dans leurs restrictions sanitaires ?

 
A l'heure où la France se prépare à un nouveau tour de vis, la Belgique a déjà durci le ton. L'Allemagne continue de tâtonner et le Royaume-Uni entame un lent déconfinement.

La France retient son souffle. Emmanuel Macron doit prononcer une allocution, mercredi 31 mars, à 20 heures, pour annoncer de nouvelles mesures de lutte contre la troisième vague de Covid-19. Cette aggravation de la situation sanitaire n'épargne pas certains de nos voisins, comme la Belgique, qui a déjà pris des mesures de reconfinement. A l'inverse, remis de leur deuxième vague, des pays comme le Royaume-Uni entament un déconfinement prudent, sans exclure une nouvelle dégradation des indicateurs.

Les pays qui renforcent leurs restrictions

La Belgique ferme la plupart de ses écoles et de ses commerces. En plus du couvre-feu nocturne, le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a annoncé, le 24 mars, un durcissement des restrictions afin d'"essayer de surmonter la troisième vague" de la pandémie. Les salons de coiffure, d'esthétique et de tatouage ont dû fermer leurs portes et les commerces dits "non essentiels" ne peuvent plus accueillir des clients que sur rendez-vous. Dans l'enseignement, seules les écoles maternelles de Flandre restent ouvertes, jusqu'au début des vacances, vendredi. Près de 2 200 nouveaux cas ont été enregistrés mardi dans le pays, qui espère une amélioration dès la fin de semaine, selon la RTBF.

L'Espagne serre (un peu) la vis pour la Semaine sainte. Pour éviter une explosion de cas lors des fêtes de Pâques, très importantes dans le pays, les déplacements interrégionaux y sont interdits jusqu'au 9 avril. Les bars et les restaurants restent toutefois ouverts, attirant des touristes étrangers, pas toujours bienvenus. "Nous ne sommes pas arrivés à une phase de relâchement", a expliqué le gouvernement, mardi, alors qu'entrait en vigueur une autre obligation, celle de présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures lors d'une arrivée depuis la frontière terrestre française.

A compter de ce mercredi, le port du masque est obligatoire sur tout le territoire espagnol, y compris en extérieur. Jusqu'ici, cette mesure, déjà appliquée dans les lieux clos, n'était imposée sur la voie publique que lorsqu'une distance de 1,50 m ne pouvait pas être respectée. L'Espagne compte parmi les pays européens les plus durement touchés par la pandémie, avec plus de 75 300 décès. Jusqu'à la mi-mars, le nombre d'infections y diminuait régulièrement, mais il augmente à nouveau (près de 8 000 cas enregistrés vendredi).

Les pays qui tâtonnent encore

L'Allemagne peine à définir une ligne commune. Deux jours après avoir annoncé un quasi-confinement de cinq jours pour Pâques, la chancelière Angela Merkel a annoncé, le 24 mars, l'abandon de ce projet et demandé "pardon" pour son "erreur". Des mesures plus légères ont été annoncées depuis, comme la généralisation des tests obligatoires de moins de 48 heures pour les voyageurs en provenance de l'étranger en avion et le classement de la France en zone à "haut risque".

Angela Merkel a toutefois brandi la menace de restrictions supplémentaires si les Länder (Etats fédérés) n'appliquaient pas fermement les mesures qui leur incombent. Certains "ne le font pas encore", a-t-elle déploré. Plusieurs régions ou collectivités ont annoncé des plans d'assouplissement alors que la barre des 100 cas pour 100 000 habitants a été dépassée dans la plupart du pays. Cette évolution est censée déclencher automatiquement un "frein d'urgence" et annuler tous les allègements concédés début mars. La Sarre entend ainsi rouvrir l'accès aux terrasses et aux lieux culturels, sur présentation d'un test négatif, après le lundi de Pâques.

La Suisse retarde la réouverture des bars et des cinémas. Depuis le 1er mars, l'ensemble des magasins, les musées, les bibliothèques et les zoos ont rouvert en Suisse et les rassemblements extérieurs de 15 personnes maximum sont de nouveau autorisés. Une nouvelle étape devait être franchie, le 22 mars, avec la réouverture en jauge réduite des bars, des restaurants, des cinémas et des autres lieux culturels. Cette mesure a finalement été repoussée de quatre semaines, en raison d'un "risque d'augmentation incontrôlée du nombre de cas". Les autorités ont mis en garde contre un nouveau durcissement des mesures si la situation continuait à s'aggraver.

L'Italie rouvre ses écoles (après un week-end confiné). Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a annoncé, vendredi, la réouverture après Pâques des écoles primaires sur tout le territoire. Cette décision a été prise à la faveur d'une baisse du taux de contagion, après près de deux semaines de reconfinement strict dans une grande partie du pays. Passant de zone "rouge" à "orange", la région de Rome a vu ses restrictions allégées, mardi, à l'inverse de la Toscane, de la Calabre et du Val d'Aoste, qui ont viré au "rouge".

L'annonce de Mario Draghi n'est qu'une lueur d'espoir dans un ciel encombré, car la plupart des Italiens continuent de voir leurs possibilités de déplacements limitées et les bars et restaurants restent fermés. Comme prévu dès la mi-mars, toute l'Italie sera classée en zone "rouge" pour le week-end de Pâques, qui démarre samedi et s'achève lundi. Dans ce pays où la pandémie a fait plus de 108 000 morts, une quarantaine de cinq jours sera désormais imposée aux voyageurs en provenance des pays membres de l'Union européenne.

Les pays qui allègent les contraintes

Le Royaume-Uni se déconfine progressivement. Quelques semaines après la réouverture des écoles, le pays de Galles est devenu, samedi, la première des quatre provinces britanniques à lever une nouvelle partie des restrictions mises en place en janvier. L'Angleterre en a fait de même, lundi : les sportifs et des groupes de six personnes maximum peuvent de nouveau se dépenser ou se réunir en plein air. Les terrasses des pubs et restaurants, ainsi que les commerces non essentiels comme les coiffeurs, doivent rouvrir leurs portes aux clients le 12 avril. La levée des restrictions doit débuter jeudi en Irlande du Nord et vendredi en Ecosse.

"Dans quelques jours, je pourrai enfin aller chez le coiffeur, s'est réjoui le Premier ministre, Boris Johnson, samedi. Mais plus important encore, je vais pouvoir aller dans la rue et, prudemment mais incontestablement, je vais boire une pinte de bière au pub." Il a toutefois appelé à la prudence, concédant que "l'augmentation des cas en Europe et les nouveaux variants qui menacent notre campagne de vaccination" pourraient arriver au Royaume-Uni dans trois semaines.

L'Irlande vise un déconfinement à partir de la mi-avril. Sous cloche depuis trois mois, l'Irlande va assouplir progressivement ses restrictions à partir du 12 avril. Les écoles pourront alors rouvrir complètement, des personnes de foyers différents pourront se rencontrer en extérieur et les déplacements non essentiels seront autorisés jusqu'à 20 kilomètres ou dans son département de résidence. Mais les restrictions les plus importantes resteront en place au moins jusqu'au 4 mai, quand le gouvernement envisagera une réouverture progressive des commerces non essentiels, des salons de coiffure, des bibliothèques et des musées. Les bars et les restaurants risquent de devoir patienter jusqu'à l'été.

Par Franceinfo