Dose unique, efficacité... Tout ce qu'il faut savoir sur Janssen, le vaccin de Johnson & Johnson

 
L'Agence européenne du médicament a donné son autorisation au vaccin Janssen de l'Américain Johnson & Johnson. Avec sa dose unique, il promet de faciliter la logistique de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

L'Agence européenne du médicament a délivré ce jeudi son autorisation au vaccin anti-Covid Janssen de Johnson & Johnson, déjà administré à la population aux Etats-Unis et au Canada. Il viendra renforcer l'arsenal de la campagne de vaccination dans les semaines et les mois à venir. Efficacité, fonctionnement, dose unique... Tout ce qu'il faut savoir sur ce vaccin.

Une dose unique

Contrairement aux trois vaccins contre le Covid-19 autorisés avant lui en France, celui de Johnson & Johnson ne nécessite qu'une seule injection. Ce qui devrait faciliter la logistique pour les professionnels de santé comme pour les patients, puisqu'il ne faudra donc pas prendre de second rendez-vous pour recevoir une deuxième dose.

En revanche, l'administration d'une seconde dose est à l'étude. Cela permettrait d'étendre la durée de protection que confère Janssen. Pour l'heure, les essais cliniques montrent qu'il est efficace durant au moins trois mois. Comme l'explique l'Inserm, 1200 personnes volontaires participent actuellement en France - et 30.000 dans le monde - à un test pour étudier l'efficacité d'une seconde dose du vaccin. "J&J" a également annoncé démarrer prochainement des essais chez les adolescents, puis les enfants, ainsi que chez les femmes enceintes. 

Autre atout de ce vaccin : il se conserve jusqu'à trois mois entre 2°C et 8°C. Contrairement aux doses de Pfizer et de Moderna, qui se préservent dans des congélateurs respectivement à -70°C et -20°C, celui de Johnson & Johnson peut être gardé dans un simple réfrigérateur.

Janssen efficace à 85% contre les formes graves du Covid-19

Mais s'il se conserve facilement, le vaccin de Johnson & Johnson admet une limite : selon les essais cliniques menés, il est efficace à 66% contre le Covid-19. Soit bien moins que Moderna et Pfizer, dont les deux doses protègent à plus de 90% contre la maladie.

En revanche, les tests ont démontré que Janssen était efficace à plus de 85% contre les formes graves du Covid-19. Cette efficacité varie cependant en fonction des pays où il est utilisé : elle est d'environ 85,9% aux Etats-Unis, 87,6% au Brésil et 81,7% en Afrique du Sud. Ce qui démontre une efficacité sur les variants majoritaires dans ces pays.

Les essais cliniques ont par ailleurs été effectués sur des personnes de tous âges, dont 34% avaient plus de 60 ans et 41% possédaient des comorbidités susceptibles de provoquer des formes graves du Covid-19, indique Ouest-France.

Un vaccin à vecteur viral

A l'inverse des vaccins de Moderna et de Pfizer, Janssen n'utilise pas le principe de l'ARN messager. Il s'agit d'un vaccin à vecteur viral. C'est à dire qu'il utilise un virus génétiquement affaibli pour transporter une petite partie de la maladie du Covid-19 jusqu'aux cellules d'une personne vaccinée. Une fois dans les cellules, une protéine typique du SARS-CoV-2 est produite, éduquant le système immunitaire à le reconnaître.

Les vaccins d'AstraZeneca (autorisé en France) et Spoutnik V (en cours d'étude par l'AEM) se basent eux aussi sur cette technique. Mais là où Spoutnik V utilise deux adénovirus humains et AstraZeneca un adénovirus de chimpanzé comme support, celui de Johnson & Johnson se sert d'un virus de rhume.

Peu d'effets secondaires

Les effets secondaires les plus fréquemment observés lors des essais cliniques étaient une douleur à l’endroit de l’injection, des maux de tête, de la fatigue et des douleurs musculaires. En Afrique du Sud, au moins un cas d’anaphylaxie - une grave réaction allergique - a été observé, selon l’entreprise.

De telles réactions, quoique très rares, ont aussi été provoquées par des injections des vaccins de Moderna et Pfizer.

Autorisé, mais pas près d'arriver ?

Le vaccin de Johnson & Johnson était déjà autorisé aux Etats-Unis, au Canada et en Afrique du Sud, premier pays à l'avoir injecté à sa population. A l'avis favorable de l'Agence européenne du médicament devrait alors rapidement suivre celui de la Haute autorité de santé, qui pourrait approuver ce vaccin américain dès la fin de la semaine.

Interrogée par France 3 en février dernier, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès-Pannier Runnacher expliquait que, dans l'optique d'une autorisation par l'AEM ce 11 mars, les premières doses de Janssen seraient attendues en France pour "fin mars-début avril, puisqu’il y a un délai pour la production des doses".

Ce vaccin américain sera commercialisé par la société Janssen, la branche belge du laboratoire. Il devrait cependant accuser des retards de livraison, à annoncé Johnson & Johnson, qui pourrait l'empêcher d'honorer ses engagements. La société avait promis de distribuer 55 millions de doses à l'UE au deuxième trimestre et 200.000 millions d'ici la fin de l'année 2021.

Par Juliette Mitoyen, dna.fr avec AFP