Etats-Unis : Donald Trump sera-t-il candidat en 2024 ?

 Donald Trump de retour dans l'arène ? 
«Un président républicain fera son retour à la Maison Blanche. Et je me demande bien qui ce sera.» Par ces mots prononcés le 28 février, Donald Trump a laissé un semblant de mystère sur ses intentions pour la prochaine élection présidentielle américaine en 2024. Refusant toujours d'admettre sa défaite face à Joe Biden, il a émis la possibilité de battre les démocrates «une troisième fois», sans pour autant s'engager. De quoi garder ses soutiens en haleine jusqu'à la date fatidique ?

Les «pour»

Une popularité sans pareil 

Donald Trump fait partie de ces politiciens qui ne laissent jamais indifférent. Une immense partie du pays le déteste, quand une autre immense partie l'adule. Mais chez les républicains, sa popularité est écrasante. Selon un sondage publié par Politico le 22 février, 77% des conservateurs ont en effet une opinion favorable de l'ancien président. Sa présence était tellement imposante ces dernières années qu'aucune personnalité n'a véritablement émergé chez les républicains pour lui voler la vedette dans 4 ans. Si une primaire du parti avait lieu dans les prochains mois, il n'y aurait que peu de doute sur sa très large victoire. 

Une volonté de revanche 

Le milliardaire américain est un compétiteur qui déteste perdre. Un trait de caractère qui lui vient de son père et qu'il a utilisé sur les terrains de baseball pendant sa jeunesse puis pendant toute sa carrière dans les affaires. Selon les médias américains, sa première campagne en 2016 a été imaginée dans un sentiment de revanche face à Barack Obama, après que ce dernier l'ait humilié avec humour pendant un dîner à Washington. Si l'occasion se présente et que les chiffres lui sont favorables, il est donc très probable que Donald Trump saisisse l'occasion de laver l'affront infligé par le parti démocrate en 2020, qui a remporté la Maison Blanche, mais aussi le Sénat et la chambre des représentants.

Asseoir sa domination sur le parti républicain

En 2019, Donald Trump publiait sur Twitter une vidéo dans laquelle on voyait des affiches de campagne avec son nom pour les années à venir : «Trump 2024, Trump 2028, Trump 2032...» et qui se terminait par «Trump 4Ever» («Trump pour toujours»). Une manière, déjà, d'indiquer qu'il comptait influencer la politique américaine sur le long terme. Ce 28 février, il a donné une définition de ce qu'il considérait comme le «trumpisme» sous la forme d'une liste de valeurs à défendre pour le parti républicain. En se présentant en 2024, il pourrait donc un peu plus imposer sa vision du pays aux conservateurs, et allonger la durée de vie de son héritage politique. 

Les «contres» 

Son âge 

S'il apparaît toujours aussi en forme et prompt à tenir la scène (son discours du 28 février a duré une heure et demi), Donald Trump ne rajeunit pas. Âgé de 74 ans ce 1er mars, il en aurait 78 au moment d'entrer à la Maison Blanche en 2025 en cas de victoire. Il serait donc aussi vieux que Joe Biden l'est aujourd'hui, mais à la différence du démocrate, le républicain est en surpoids. Une condition qui pourrait entraîner des complications médicales avec le temps, et qui pourrait l'empêcher de mener à bien son espoir de reconquête. 

Des divisions chez les républicains 

Depuis l'invasion du Capitole le 6 janvier dernier, le parti républicain se divise. Une grande majorité des élus soutiennent toujours l'ancien président, mais certains souhaiteraient qu'il quitte la scène politique en raison de son rôle dans les violences. Loin de calmer les tensions, Donald Trump s'en est pris violemment à certains d'entre eux, à commencer par le leader des républicains au Sénat Mitch McConnell. Pendant son discours du 28 février, il a nommé une série de sénateurs et représentants de manière à ce que la foule les huent. Une situation qui pourrait coûter des votes en 2024, et notamment chez les républicains les plus modérés.

Des «jeunes» qui poussent 

Si Donald Trump a de l'ambition, il n'est pas le seul. Beaucoup de républicain espéraient voir l'ancien homme d'affaires quitter la scène politique pour prendre sa place en 2024. C'est notamment le cas du sénateur du Texas Ted Cruz, du gouverneur de Floride Ron DeSantis ou encore de l'ancienne ambassadrice à l'ONU Nikki Haley. Cette dernière, ancienne fidèle du milliardaire, a déjà pris la parole dans les médias pour assurer qu'il avait «laissé tomber» le parti en 2024. Ces batailles internes pourraient aggraver encore un peu plus les divisions au sein du camp conservateur.

Par CNEWS