La première pilote d'hélicoptère noire d'Afrique du Sud vise plus haut que le ciel

 La première pilote d'hélicoptère noire d'Afrique du Sud vise plus haut que le ciel 
Refilwe Ledwaba, première pilote noire d’hélicoptère d’Afrique du Sud doit sa carrière à un Blanc, dans un pays qui a encore les relents d'Apartheid et dans un domaine réservé souvent aux hommes. Elle conseille à quiconque de ne pas laisser la discrimination l'empêcher de réaliser ses rêves.

Refilwe Ledwaba, première pilote noire d’hélicoptère d’Afrique du Sud, veut changer la face de l'aviation en Afrique en y intéressant les femmes africaines, peu enclines aux métiers traditionnellement considérés comme réservés uniquement aux hommes.

La quarantaine à peine sonnée, elle enseigne aux jeunes en formation comment piloter des aéronefs. Elle dirige également le Girls Fly Program in Africa (GFPA), une fondation qui vise à initier les élèves du primaire et du secondaire à la science, à la technologie, à l'ingénierie et aux mathématiques.

Sa fondation lui permet de relever les défis auxquels elle a été confrontée lors de son entrée dans l'industrie de l'aéronautique, en brisant les barrières culturelles et sociales dans l'aviation au niveau local.

Des rencontres positives

Ledwaba a grandi à Lenyenye à Limpopo, une province du nord-est de l'Afrique du Sud, dans une famille monoparentale avec six frères et sœurs. Sa mère, une enseignante, a élevé seule ses sept enfants.

Ayant vécu dans l'apartheid, Ledwaba était loin d'imaginer qu'elle pouvait devenir pilote.

"Je n’ai jamais pensé que l’aviation ou devenir pilote était un choix de carrière viable pour moi, car je n’ai jamais vu personne qui me ressemble suivre cette carrière", reconnait Refilwe Ledwaba, la première femme pilote du service de police sud-africain.

"Quand vous êtes une femme et une personne noire, c'est un double coup dur. Si vous n’avez pas les bonnes personnes, vous pourriez être (Albert) Einstein, mais vous n’y arriverez jamais", a-t-elle confessé à Reuters.

Comme Refilwe Ledwaba voulait devenir médecin, elle a étudié la biochimie à l'Université de Cape Town. Pour financer ses études et rembourser son prêt d'étudiant, elle obtient un emploi d'agent de bord.

C'est à ce moment qu'elle se retrouve à une entrevue pour un poste dans une industrie dont elle ignorait tout. Elle a obtenu un poste d'agent de cabine même si elle n'avait jamais été à proximité d'un avion avant l'âge de 17 ans.

"J'étais censée aller à la faculté de médecine, mais je ne pouvais pas [par manque d'argent] et j'ai commencé à travailler comme hôtesse de l’air", a-t-elle avoué à Forbes Africa.

C'est lors de sa formation comme membre d'équipage de cabine qu'elle a réalise qu'elle est intéressée par le pilotage des avions.

Ses collègues blancs l'encouragent alors à devenir pilote. L'un d'eux, pilote lui-même, lui propose de la former gratuitement si elle couvrait le coût du carburant.

En 2005, la jeune sud-africaine a eu la chance d'apprendre à piloter des hélicoptères dans une école gouvernementale à l'extérieur de Durban.

Au moment où elle a volé en solo, elle s'est rendu compte qu'elle avait brisé les barrières de race et de sexe d'un seul coup.

Des mois plus tard, elle devient la première femme noire pilote d'hélicoptère à rejoindre les rangs de la police sud-africaine.

En 2010, Ledwaba a lancé le programme Girls Fly in Africa (GFPA) pour initier les filles du primaire et du secondaire aux filières scientifiques et technologiques à un jeune âge.

Désormais instructrice, elle forme des centaines de jeunes femmes à l'aérospatiale et à l'aviation. Elle opère dans quatre pays africains. Sa fondation a déjà organisé des camps spatiaux en Afrique du Sud, au Botswana et au Cameroun et en prévoit un au Kenya pour bientôt.

Pendant cinq jours, les équipes enseignent aux filles l'industrie aéronautique, de l'initiation au vol à l'apprentissage de la robotique en passant au stimulateur.

Elle compte inclure plusieurs autres pays africains à l'avenir.

"Je rêve d'un avenir où un petit enfant peut simplement se réveiller et dire, 'Je vais suivre cette carrière un jour' sans que le doute ne traverse son esprit", dit-elle.

Par VOA Afrique